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MATERIEL ET INSTALLATION DE L*ATBLIER SO

la plaque considérée n'est pas sensible, et si, pour les plaques panchromatiques antérieures à Temploi des isocyanines, on pouvait encore choisir un éclairage correspondant à une lacune ou à un minimum de sensibilité, on ne peut procéder ainsi avec les plaques panchromatiques modernes dont la sensibilité s'étend, sans lacune ni minimum appréciable dans toute retendue du spectre visible.

Pour de telles" plaques, on ne peut plus parler d'éclairage inactiniçue, car, quel que soit l'éclairage adopté, ce ne peut être qu'une question de temps pour voiler les plaques et les amener à leur maximum de noircissement. Le seul écran inactinique serait un écran complètement opaque ; la luminosité d'un écran est incompatible avec sa sécurité ; on sera donc toujours amené à l'emploi d'éclairages peu intenses, et des précautions devront toujours être prises pour soustraire les plaques à la lumière directe de la lanterne jusqu'à leur complet fixage ; l'éclairage devra môme être d'autant plus faible que l'opérateur sera moins agile pour le chargement et le déchargement des châssis, la mise au bain et l'obturation des cuvettes par des couvercles.

Dans le cas d'une plaque dont la sensibilité serait uniforme pour toutes les radiations visibles, il ne serait pas plus absurde d'envisager un éclairage bleu qu'un éclairage vert ou rouge, si des considérations physiologiques n'intervenaient pas dans ce choix : on est en effet amené à adopter, pour l'éclairage du laboratoire, les radiations correspondant au maximum d'activité visuelle aux faibles intensités, soit donc un éclairage vert-bleu voisin de la

MATKRIBL ET INSTALLATION DB L'aTBLIBR 90g

colorée au vert naphtol, Tautre de gélatine colorée à la tartrazine, les concentrations et les quantités coulées par unité de surface de verre à couvrir étant réglées de façon à avoir, par centimètre carré d'écran, les poids de colorants indiqués ci-dessous en milligrammes.

Tartrazine. o mg. 3 Vert naphlol . o mg. 07

Les écrans, une fois séchés, seraient séparés par le même papier vert-bleu ci-dessus prévu.

Pour l'emploi dans une lanterne à écran liquide, on utiliserait le mélange ci-après, prévu pour une épaisseur de 10 millimètres de liquide (pour une autre épaisseur, amener à un volume total représenté, en décilitres, par le même nombre exprimant en millimètres l'épaisseur de l'écran).

Eau pour faire 1000 ce.

Vert acide brillant 6B . . . i gr. 5

Tartrazine o gr. i

Vert naphtol o gr. 3

105. L'emploi d*an éclairage d^intensité extrêmement réduite oblige à diverses précautions si on veut en obtenir le maximum de rendement, et faciliter ainsi la surveillance des opérations.

La rétine ne perçoit à la fois en bonnes conditions qu'une étendue limitée de contrastes; si donc, dans le laboratoire, la source de lumière ou son reflet sur une paroi brillante sont dans le champ visuel, on se trouve dans de très mauvaises conditions de visibilité, car la pupille s'adaptant pour l'éclairement maximum, celui de la tache lumineuse, on diminue la sensibilité de Fœil pour les parties moins éclairées, avec sensation fatigante d'éblouissement * ; on utilisera donc de préférence un

I. p. G. NuTTiNG, L'Adaptation de l'œil d l'éclairage (British Journal of J^hotographXf i*' déc. 1916).

MATÉRIEL ET INSTALLATCOIf DE L'aTELIBR SIX

lente, et n'est complète qu'en une heure ; en passant d'une pièce modérément éclairée en lumière artificielle dans un laboratoire faiblement éclairé, l'adaptation est presque complète en cinq ou dise minutes. Au lieu d'entrer brusquement dans le labo# ratoire on devra donc faire dans le tambour d*accès, si le laboratoire en est muni, ou à l'entrée du laboratoire, une pose de quelques secondes, les yeux ouverts, pour permettre l'adaptation de 1 œil dans les meilleures conditions.

Les lampes destinées à l'éclairage du laboratoire en lumière blanche devront être munies de diffu-^ saurs dépolis masquant è la vue les filaments ou la flamme, et, autant que possible, elles seront installées assez haut pour ne pas se trouver dans le champ visuel ; on évitera ainsi les alternances brusques de lumière éclatante et de quasi*obscurité qui, en se renouvelant fréquemment, peuvent pro* voquer des troubles permanents de la vision.

106. Contrôle des écrans d'éclairage. — Au cours d'une série d'expériences méthodiques sur Téolairage du laboratoire, C. E. K. Mkes et J. K. Bakeh S ont très heureusement défini Vefficacité d'un écran pour éclairage comme étant le produit de sa luminosité par sa sécurité, l'un et l'autre de ces facteurs étant mesurés en unités arbitraires par les méthodes ci-dessous décrites.

Pour la mesure de la luminosité, l'écran était placé sur une lanterne, munie à poste fixe d'un verre dépoli, et construite de façon à exclure toute lumière directe de la lampe et à utiliser seulement la lumière diffusée par la paroi de fond, peinte en blanc mat. Deux bandes

I. Photographie Journal, 1907 : Procédé, septembre 1907, p. i35-i38.-

BIATÉRIBL ET ntSTALLATION DB l'ATBUBR 3X3

en noir et blanc. La quasi-obscurité dans laquelle travaille l'opérateur constitue déjà, par elle-même, un défaut de confortable qui ne doit pas être aggravé, sous peine de compromettre le bon rendement.

Plusieurs des manipulations exigent une propreté méticuleuse. Les clichés développés à température trop basse donnent des images heurtées ; dans un laboratoire trop chaud, les images manquent de vigueur, ont tendance à voiler, et des accidents peuvent survenir par le ramollissement de la gélatine.

Les manipulations des plaques au coUodion humide, d'une part, celles des plaques au gélatinobromure et des émulsions au collodion, d'autre part, ne peuvent être faites dans le même local, quelles que soient les précautions de propreté prises pour éviter les poussières provenant des produits employés.

Le laboratoire ne doit renfermer que les seuls objets absolument nécessaires, de façon à faciliter le travail dans la quasi-obscurité. Toutes les manipulations auxiliaires, lavages, opérations correctives, séchages, seront donc faites dans un local distinct, amplement éclairé, qui peut être commun aux divers laboratoires de développement.

Une armoire étanche à la lumière, et mise àTabri de rhumidité, sera disposée à proximité de la table réservée au chargement des châssis pour le logement des boites de plaques entamées, la réserve des plaques étant tenue au sec, hors du laboratoire. Une petite glacière, avec fermeture étanche à la lumière, devra être prévue si l'on utilise Témulsion au collodion.

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