PRATIQUA DE LA SELECTION
cubes d'eaa ; ajouter par petites portions une solution de cyanure de potassium pur, à 5 o/o, qui provoque un abondant précipité, puis le redissout ; cesser les additions de cyanure avant que les dernières traces de cyanure d'argent | n'aient été redissoutes et compléter à un litre par addition d'eau.
129. Manipulations photographiques: émulsion au coUodion. — Les caractères des diverses émulsions au collodion étant très différents, on se trouvera généralement bien de se conformer aux • recommandations de leurs fabricants respectifs. En l'absence de t^es indications, on procéderait comme suit, sauf à modifier ultérieurement les modes opéi atoires, suivant les résultats obtenus '.
Après étendage de l'émulsion (à raison d'environ i5© à 25o ce. par mètre carré de plaques), et après sensibilisation et lavage, s'il y a lieu, on peut protéger l'émulsion pendant la pose contre les vapeurs acides ou sulfureuses en la recouvrant du préservateur :
Eau distillée. . . .pour faire i.ooo ce.
Gomme arabique a5 gr.
Glycérine 70 ce.
que l'on éliminera par rinçage avant le développement.
Le révélateur préconisé par le plus grand nombre des fabricants d'émulsion, pour le développement de négatifs tramés et sélectionnés, se prépare au moyen des trois solutions concentrées :
I. Par temps très sec on restreindra les inconvénients dus aux poussières en humidifiant l'atmosphère du laboratoire par pulvérisation d^eau, ou par ébuUition d'une marmite d'eau, avant de commencer les manipulations.
a56 LA SÉLECTION
S Eau 1 .000 ce.
Sulfite de soude cristallisé 4<>o ë^'
Carbonate de potasse pur 4<>o gr.
o { Alcool 100 ce.
( Hydroquinone 2i5 gr.
Eau 100 ce.
Bromure d'ammonium a5 gr.
à partir desquelles on prépare un révélateur concentré de réserve, se conservant plusieurs jours :
1000 ce. de A + 5o ce. de B + 70 ce. de C.
Le révélateur prêt à Femploi est préparé, pour les besoins de la journée, en diluant à un litre environ 125 centimètres cubes de ce révélateur de réserve. On prépare aussi une solution à 10 0/0 de bromure de potassium que Ton peut ajouter, à raison de i à 5 centimètres cubes par 100 centimètres cubes de bain dilué, quand les clichés ont tendance à voiler.
Le développement doit être efiectué à une température très peu différente de i6<» C. ; plutôt que de développer en cuvette, beaucoup d'opérateurs préfèrent verser le révélateur sur la plaque, comme pour un cliché au collodion humide, le révélateur étant renouvelé deux ou trois fois pendant le développement. Limage apparaît en quinze à vingt secondes,et atteint une bonne densité en quatre-vingtdix secondes environ. L'ëmulsion au collodion étant moins sensible que la plaque panchromatique au gélatino-bromure, Féclairage peut être moins limité. Le contrôle du développement portera surtout sur Texamen de limage de Téchelle de gris neutres utilisée comme témoin.
PRATIQUE DE LA SÉLECTION aS^
Après développement, rincer sommairement, et fixer dans une solution d'hyposulfite, à 25 o/o au maximum, additionnée facultativement d'un peu de bisulfite de soude. Le fixage est complet en une minute environ. Laver ensuite pendant trois à cinq minutes sous un jet d'eau.
Les opérations de réduction et de renforcement sont conduites comme dans le cas de négatifs tramés sur coUodion humide, mais en effectuant de préférence ces manipulations en cuvettes.
130. Vérification du repérage. — Après achè* vement des négatifs sélectionnés, il est prudent de vérifier si les images enregistrées sur les divers négatifs d'un même jeu sont bien toutes de mêmes dimensions. On peut, pour cela, vérifier que la distance des repères est constante soit en la mesurant entre les pointes d'un compas à verge, soit en présentant successivement sur un des négatifs les antres négatifs du jeu (couche contre couche) et s'assurant que Ton peut faire coïncider simultanément les intersections des traits de repère.
131. Tirage des diapositives. — Dans le cas de sélections tramées par la méthode indirecte, ou pour l'héliogravure rotative, les meilleurs résultats seront obtenus par copie à la chambre, ce mode opératoire étant d'ailleurs le seul possible s'il est nécessaire de compenser, par variation d'échelle, un défaut de repérage.
Si on ne peut immobiliser pour ce travail un appareil photographique, et que la copie soit faite
PRATIQUE DE LA SÉLECTION aSg
vention manuelle pour la compensation, dans chacune des images, du noir fourni par une quatrième impression, soit de constituer après coup le négatif du noir quand son emploi n*a pas été prévu au moment de la sélection.
Pour éliminer de chacune des images une quantité de couleur équivalente à celle qui, par superposition des trois encrages, constituerait le gris fourni séparément, il suffît d'exécuter par contact une diapositive d'après le négatif du noir (tenir cette diapositive d'autant plus légère que l'impression de la quatrième planche sera laite avec un gris moins intense), et d'en doubler successivement, en repérage convenable, les négatifs sélectionnés avant d'en tirer, par reproduction en transparence, les diapositives correspondantes.
Pour l'exécution après coup d'un négatif du noir, on utilisera un mode opératoire suggéré par R. Namias : une fois obtenues les trois diapositives, choisir les deux qui sont les plus transparentes ; au négatif correspondant à Tune d'elles, superposer en repérage un négatif pelliculaire tiré par contact d'après l'autre : cet ensemble est opaque pour toutes les régions du modèle autres que celles qui sont grises ou noires ; c'est donc sous le négatif multiple ainsi constitué que sera tirée la diapositive du noir.
133. Reproductions trichr ornes d'AutochroxneGf. -^ L'autochromie a considérablement étendu le champ des applications de l'illustration trichrome en en permettant remploi pour divers sujets, tels que paysages ou sujets animés, pour lesquels aucun moyen pratique de sélection directe n'a encore été réalisé. On doit cependant éviter l'intermédiaire d'une autochrome quand il est possible de procéder directement à la sélection d'après l'original.
Dans la reproduction trichrome des autochromes, on doit tenir compte de quelques particularités dues
de saturation.
Si on reproduit sur autochrome une charte de couleurs transparentes, constituée en assemblant quelques fragments d'écrans pelliculaires, il est facile de constater que, malgré la vivacité appâtante des couleurs de la reproduction, les nuances en sont lavées de blanc ; il suffit pour cela de comparer la reproduction à l'original après avoir doublé ce dernier d'un verre fumé neutre transmettant environ lo o/o de la lumière incidente, ou d'une plaque autochrome débromurée, dont l'effet est équivalent, ce qui montre, en passant, que l'écran mosaïque de l'autocbrome ne transmet que i/io de la lumière qui lui parvient.
Cette perte de saturation, due à la surexposition des parties les plus éclairées, se manifeste surtout pour les radiations traversant deux des groupes de grains colorés, soit donc pour le bleu-vert et le janne, mais les objets bleu-vert pur sont si rares dans la nature qu'on ne constate guère cet effet que sur les jaunes vifs. Ce défaut de saturation s'accroît dans les reproductions d'autochromes sur autochromes, aussi ane reproduction trichrome ne doitelle être faite que d'après une antochrome originale.
D'autre part, sur une plaque autochrome, les couleurs juxtaposées n'occupent chacune que le tiers environ de la surface totale de la plaque; un négatif sélectionné de façon à obtenir une reproduction conforme serait donc nécessairement incomplet, les grains de la même couleur que l'écran sélecteur
PRATIQUE DE LA SÉLECTION a6l
étant seuls enregistrés et laissant entre eux des intervalles correspondant aux deux autres couleurs. Pour combler ces vides, il semblerait qu'il suffise de diminuer un peu la netteté de la reproduction ; si on examine une autochrome avec une loupe à fort grossissement, on constate que les grains de chaque couleur ne sont pas isolés, mais massés par groupes d'une môme couleurt dès que Ton s*écarte de la mise au point, ces agglomérations donnent à l'image un aspect galeux qui se retrouve sur les reproductions faites hors de la mise au point normale. Fort heureusement, les grains individuels sont de dimensions assez restreintes pour que, en prolongeant convenablement la durée de pose pendant la reproduction, rirradiation de la couche sensible, aidée parles propriétés difiusantes des grains de fécule, fasse disparaître presque complètement la structure de l'image qui achèvera de se noyer dans la structure propre au procédé photomécanique utilisé, même en cas de légère amplification du document original. Toute lumière artificielle employée en sélection peut être utilisée à ces reproductions, mais en tenant compte de ce que la plaque autochrome ne doit pas être notablement échauffée ; en raison de son opacité et des poses longues qui sont nécessaires avec des sources de lumières puissantes, on évitera de procéder simultanément à la sélection et au tramé, ce qui amènerait à des poses d'une telle durée que Tautochrome, en s'échauffant, risquerait d'être détruite; les meilleures reproductions d'autochromes ont d'ailleurs toujours été obtenues en procédant séparément à la sélection et au tramé.