‹ Les Réservoirs du Virus de la PesteChapitre 16 sur 22 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

Daouda Kondé, 28 ans, garde de cercle en service à Conakry (Guinée française), débarque à Dakar le 13 mai

(1) M. le Docteur Monnier à signalé, à Madagascar, un Cas de peste tout à fait analogue à celui de Daouda Kondé et survenu - chez un patron de boutre (espèce de barque).

1922, Il fait partie de l’escorte qui accompagne un convoi de prisonniers venant de Conakry. En subsistance à la prison de Dakar, il loge au corps de garde de cet établissement.

Le 20 mai, Daouda Kondé est apporté à l'hôpital indigène sans billet médical, Etendu sur un brancard, geignant, il montre à l'examen un volumineux adénophlegmon de la région inguinale gauche. La racine de la cuisse correspondante et de la hanche du même côté sont empâtées et dures.

Température peu élevée : 38°,7. Pouls : 88. Dans le territoire desservi par les groupes ganglionnaires inguinaux et cruraux ne siège aucune lésion pouvant être considérée comme la porte d’entrée de l'infection.

Daouda Kondé fait remonter le début de son mal au 9 mai, le lendemain de son embarquement à Conakry. Il habitait cette dernière ville depuis 6 mois, sans jamais l'avoir quittée. Du 13 au 19, son bubon ne le retenant pas au lit, Daouda circule dans le quartier indigène de Dakar. Il ne s’est présenté à aucun médecin avant son admission à l'hôpital indigène.

Le bubôn est, dès l'hospitalisation, ponctionné pour examen bactériologique. L'Institut de Biologie signale la présence, dans le pus, de cocobacilles ayant l'apparence morphologique et les réactions tinctoriales du bacille de Yersin, sans association d’autres germes microbiens.

Le diagnostic de peste posé, le traitement spécifique est institué en même temps qu'est ouverte la poche purulente. Le malade reçoit, du 21 au 25 mai, 180 cc, de sérum antipesteux en 3 injections intraveineuses de 60 cc. faites le 21, le 23 et le 25. La tempérarure tombe dès le lendemain de la première injection et reste, dès lors, constamment voisine de la normale.

La plaie, lavée chaque jour au permanganate de polasse à 1/1.000°, est pansée, d’abord à l’éther iodo-

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formé, puis, la cicatrisation paraissant très lente, à la pommade de Reclus à partir du 31 mai.

Le 27 juin, Daouda Kondé est considéré cliniquement comme guéri de la peste et il est décidé de le diriger, pour complément de soins, sur un des services chirurgicaux de l'Hôpital. Le D' Le Dantec, directeur de l'Ecole de Médecine de l'A. O. F., suggère alors l’idée de vérifier bactériologiquement l’inocuité jugée probable du foyer bubonique.

L'examen bactériologique pratiqué à l’Institut de Biologie, le 28 juin, montre, dans le pus prélevé au niveau de la plaie inguinale, la présence de bacilles pesteux non rares et d'aucune autre bactérie.

Ainsi ces bacilles s’accommodaient dépuis plus de 40 jours, de multiples lavages avec une solution permanganatée et d'applications d’éther iodoformé ou de pommade de Reclus. |

- Le 28 juin, Daouda Kondé est amené à l’Institut de Biologie. On ensemence sur gélose légèrement alcaline .

1° Le pus de l’adénite ouverte;

2° La sérosité d’un ganglion situé en dedans et un peu au-dessus du bubon suppuré;

3° La sérosité d’un des ganglions dont le malade est porteur dans l’aîne du côté opposé.

RÉSULTATS. — Le premier ensemencement est rapidement envahi par du bacillus subtilis.

Le deuxième donne une culture de bacilles pesteux associés à des cocci en grappes, prenant le gram.

Le troisième donne une culture pure de bacilles pesteux.

Ce germe pesteux isolé a été identifié

a) Qultures caractéristiques en bouillon, bouilloncouche d’huile, gélatine, lait, milieux tournesolés; sucre : lactose —, glucose +, mannite +, saccharose +.

b) Agglutination à 1/20° avec le sérum de Daouda

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