‹ Les Réservoirs du Virus de la PesteChapitre 17 sur 22 · DEN · texte numérisé non relu

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Kondé; pas d’aggutinalion avec un autre sérum humain (comme témoins : deux autres souches de bacilles pesteux de l’Institut de Biologie).

° c) Inoculation à un Mus rattus et à un rat blanc qui meurent le 9° jour.

Enfin, l'hémoculture pratiquée le 35 juillet est restée absolument négative.

IL s’agit donc d’un germe encore virulent, et il ne peut pas être question ni de pestis minor ambulatoire, ni d’une rechute de la maladie. La persistance anormale du bacille de Yersin, dans un bubon en suppuration et aussi dans un groupe ganglionnaire, sans communication avec ce bubon, permet bien de considérer comme un véritable porteur chronique de peste, Daouda Kondé qui n’a plus aucun symptôme morbide, ni aucune réaction thermique, et dont l’adénite montre encore dans le pus, deux mois pleins après l'incision, des bacilles pesteux.

On ne trouve nulle part, dans la littérature, une mention explicite de cette notion de peste chronique de l’homme, notion qui vient s'opposer à la fragilité classiquement admise du bacille pesteux à la lumière, à la chaleur, aux antiseptiques.

Seuls Von Loon, en 1916, Dujardin-Beaumetz, en 1920, ont rapporté des cas se rapprochant un peu de celui que nous venons de signaler.

Van Loon a consigné l'histoire d’un de ses maladés soigné successivement en décembre 1914 pour. peste bubonique et en juillet 1915 pour peste pulmonaire bénigne. Il conclut à une 1éinfection, mais John

De

Brooks, qui analyse son travail, se demande s'il ne s’agit pas d’une récidive.

Une observation prise au cours de l'épidémie de peste de Paris, en 1920, apporte plus de précision. Faisant une enquête dans certains quartiers contaminés, Dujardin-Beaumetz et Joltrain eurent l’attention attirée par un jeune homme, au visage d’une pâleur considérable, reposant sur une chaise longue, dans la cour d’une des maisons suspectes. Interrogé, il déclara être convalescent, depuis un mois, d'une maladie grave sur-la nature de laquelle il ne put donner aucune précision, Examiné, il fut trouvé porteur d'un bubon suppuré de l’aine, par deux fois opéré et non guéri. Le pus contenait, avec des streptocoques, des coccobacilles en navette, ne prenant pas ie Gram. Le sérodiagnostic fut positif. I s'agissait donc bien de peste bubonique.

De tout ce qui précède, il résulte que le cycle de la maladie n’a pas la durée limitée qu’on lui reconnaît généralement et, comme le dit M. Léger, les poussées de broncho-pneumonie pesteuse, consécutives à

la forme bubonique de lFinfection, sont loin d’être une

exception. Les convalescents de peste continuent, pen-

dant un temps plus ou moins long, à porter des bacilles. Cependant, bien qu’il découle de ces constatations d’intéressantes considérations épidémiologiques, ces faits ne sauraient nous étonner, puisque, ainsi que nous le disions dans notre introduction, des

constatations .semblables avaient été faites pour les

convalescents de choléra, de typhoïde, etc.

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Toute autre est la notion de l'homme réservoir du virus.

En effet, Daouda Kondé et le jeune homme dont l'histoire est rapportée par Dujardin-Beaumeiz ct Jollrain, avaient été atteints de la peste, dans sa forme aiguë, avant de présenter, chroniquement, des bacilles. Il s’agit chez eux, somme toute, de la forme que la Commission anglaise avait individualisée chez le rat, sous le nom de resolving plague. C’est, autrement dit, la notion des porteurs de germes appliquée à la peste.

Or, il a été démontré que l’homme, en dehors de toute atteinte presteuse caractérisée cliniquement, pouvait être porteur de bacilles pesteux. Cette constatation, d’une portée considérable, a été faite à Dakar, par MM. Léger et Baury, à peu près en même temps que M. Tanon, à Paris, découvrait le bacille pesteux chez les rats absolument sains. N°’y a-t-il pas, dans cette coïncidence, la preuve de l'intérêt que. les savants, sous toutes les latitudes, accordent à Ia conservation du virus pesteux ?

Le Service d'Hygiène, à Dakar, fait conduire immédiatement à un lazaret extraurbain les indigènes habitant Les cases où un cas de peste s’est déclaré, L’isolement dure cinq jours, qui sont mis à profit pour assurer la désinfection des effets et des locaux.

MM. Léger et Baury se sont demandé si les noirs ayant été en contact avec des malades ne pouvaient pas être porteurs de bacilles de Yersin.

Le 6 septembre, avec laide de M. Bergonier, ils

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