‹ Les résidences royales de la LoireChapitre 60 sur 68 · FIN · texte numérisé non relu

FIN

CHAMBORD

Le projet conçu par François 1 er de faire passer la Loire à Chambord a été mentionné par Varillas et révoqué en doute par l'historien de Blois, Dernier. Varillas est auteur de tant de contes qu'il n'y a pas lieu de s'étonner que personne n'ait ajouté foi à ce projet. Voici pourtant un document qui tranche la question et qui prouve qu'en cette circonstance il fut bien informé. Nous rempruntons aux comptes de dépenses de François I er .

On lit dans ces comptes, sous la date du 14 août 1T)29 : « À Pierre Cassé de Nouvarre, ingénieur, la somme de quarante et une livres tournois, pour sa dépense, peine et salaire d'être venu, par ordonnance dudict seigneur, du lieu de Chambort à la Fère en Picardie, pour, illec, faire entendre audict seigneur la manière qu'il estoit besoin et nécessaire tenir, pour faire passer et conduire partie de la rivière de Loyre par ledict lieu de Chambort. »

Nous ne pensons pas qu'aucun des écrivains qui ont traité de Chambord ait eu connaissance de ce curieux document.

La pièce dont nous parlons (page 20) a été découverte par M. Salmon au cabinet généalogique de la Bibliothèque impériale, parmi les titres qui concernent la famille Breton de Viilandry. C'est un marché conclu le 9 mai 1544, entre Anne Gédoyn, veuve de Jean Breton, seigneur de Viilandry et secrétaire de François I* r , comme surintendante des bâtiments de Chambord, et Jean Grossier, contrôleur des travaux, d'une part; et Mathurin Venelle, Toussaints Le Bleu, Jean Pezay, Jean du Boys, René Poullet et Martin Le Heurteux, de l'autre, tous maçons tailleurs, c'est-àdire sculpteurs en pierre. Ce marché est conclu en présence de Jacques Cogneau, maistre maçon d'iceulx e'diffices, qui devra donner le plan et dessin des travaux à exécuter et en surveiller l'exécution.

Ces travaux comprennent :

1° Une grande cheminée ornée de moulures, losanges, architraves, frise et corniche, avec un frontispice enrichi de fleurs de lis et de salamandres ;

2° Une lucarne avec la même décoration que la cheminée ;

5° Une petite viz, ou escalier de quarante-six marches, garni de piédestaux, accoudoirs, bases (colonnes), chapiteaux, architraves, Irise et corniche, se terminant par une lanterne à six fenêtres, dont les trumeaux extérieurs seront ornés de cariatides en forme de termes et couronnée par une grande fleur de lis.

Cette pièce curieuse a été publiée in extenso par M. Salmon, au tome III {h? série), p. 02 de la Bibliothèque de Vccole des Chartes; c'est pourquoi nous nous dispensons de la reproduire ici.

A la suite de cette pièce, M. Salmon a publié des lettres patentes données par Charles IX à Saint-Maur des Fossés, le 8 septembre 4568, portant commission de la charge et gouvernement du château de Chambord au profit de Léonore Breton, veuve du sieur du Gangnicr, qui auparavant en était pourvu.

Le sieur du Gangnier avait lui-même succédé, dans cette charge, a sa belle-mère, Anne Gédovn.

Les lettres patentes que nous venons de relater conféraient à Léonore Breton « plein pouvoir d'ordonner pour les bastiraens et réparations qui seront à faire en icelluy chasteau, suivant les dessoings qui en seront par nous faicts, des deniers qui sont ou seront destinés pour cet efl'ect. » Il semble résulter de cette phrase que le surintendant de Chainbord était en même temps trésorier des bâtiments.

On trouve au Catalogue des archives du baron de Joursanvault, (t. II, p. 185), la mention de lettres d'abolition de la charge de trésorier des bâtiments et réparations du château de Chainbord, lesdites lettres données par Charles IX en janvier 1565.

A l'appui de la distinction que nous établissons (p. 21) entre l'architecte et le maître maçon de la Renaissance, l'un donnant les plans, l'autre les exécutant, absolument comme la chose se passe encore aujourd'hui, nous citerons l'opinion de M. Adolphe Bcrty :

« Il n'est point exact que, suivant l'opinion commune, l'expression d'architecte n'ait commencé à être employée qu'au seizième siècle, car on s'en servait déjà, très-rarement il est vrai, au quatorzième siècle. Christine de Pisan assure que le roi Charles V était : « vray architecteur deviseur certain et prudent ordeneur. » Ce qui est incontestable, c'est que le mot architecte ne s'est popularisé qu'à l'époque de la Renaissance, sous l'influence de la langue italienne et de l'étude de Vitruve. Nous croyons qu'il désigne d'abord, d'une manière plus spéciale, l'artiste, distingué du constructeur auquel on continuait à donner le nom de maçon. Vraisemblablement, plusieurs des architectes célèbres, avant le règne de Louis XIII, ont seulement été des dessinateurs d'architecture, composant habilement les projets des édifices et laissant aux hommes du métier le soin de les exécuter. *

(Les grands Architectes français, Paris, Aubry, 18G0, Note de la page 99.)

, Du Cerceau se désigne lui-même, sous le nom d'architecte, en tète de plusieurs de ses ouvrages, et ses premières productions

sont des recueils de plans par lui dressés, et dont plusieurs furent exécutés, mais non sous sa direction.

Nous donnons ici, relevées avec soin et pour la première fois, selon toute probabilité, les dates des neuf séjours de Louis XIV à Chambord :

Du 12 juillet 1650 au

# Du 1 er août 4659 au

Du 9 juillet 1660 au

Du 29 septembre au 15 octobre 1668.

Du 19 septembre au 17 octobre 1669.

Du 9 octobre au 22 octobre 1670.

Du 26 septembre au 12 octobre 1682.

Du 24 septembre au 12 octobre 1684.

Du 6 septembre au 28 octobre 1685.

La charge de capitaine- gouverneur de Chambord fut créée par Henri IV, le 20 juin 1605, au profit de Jacques Bodin, sieur de Boisregnard; les lettres de provision ont été citées par M. de la Saussaye.

On lit au tome II, page 185 du Catalogue des archives du baron de Joursanvault : « Quittances de gages de Arnauld de Johanne, sieur de Saulmeri, François de Johanne et Jehan Bodin, sieur de Boisrenard, capitaine de Chambord (1649). »

Dans cette note, le rédacteur de ce catalogue a interverti Tordre dans lequel ces capitaines se sont succédé : Jacques Bodin avait eu pour successeur Jehan, son fils, qui vendit sa charge h François de Johanne, sieur de Saulmeri, auquel succéda Arnauld de Johanne,

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