‹ Les Résines Polyvinyliques: comme masse d'inclusion histologiqueChapitre 3 sur 29 · A TOUS MES MAITRES CIVILS ET MILITAIRES · texte numérisé non relu

A TOUS MES MAITRES CIVILS ET MILITAIRES

J'offre ce travail en reconnaissance de l’enseignement qui me fut prodigué tant à la Faculté de Médecine qu'à l'Ecole du Service de Santé.

se CMS TA

Introduction

Faire une inclusion histologique, c’est remplacer l'eau. d'imbibition des tissus par un liquide suscephuble de se solidifier. La masse solide ainsi obtenue soutient les éléments divers qui constituent l'organe étudié et permet de la débiler en {tranches minces. Pour obtenir la coupe de tissus, on élimine ensuite par un solvant la masse solide, dite masse d’inclusion.

Praliquemeni, on utilise comme tel liquide, soit l’eau d'imbibition elle-même : c'est la technique de congélation la plus simple théoriquement mais ne permettant pas les coupes minces, m1 le collage sur lames de ces coupes ; soit encore la paraffine, qui pénètre à chaud l’objet et se solidifie par refroidissement ; soit le collodion qui pénètre l’objet à l'état de dissolution à froid et que l’on solidifie par élimination à froid également, du solvant.

Les avantages et les mconvénients de ces divers procédés sont connus de tous ; ils seront rapidement examinés dans ce travail.

Nous aurons en effet, ici, pour but l’étude d’un procédé nouveau d’inclusion et de sa comparaison avec Îles

SE Vi

procédés classiques. Nous utilisons comme masse d'inclusion un liquide organique particulier, l’acétaie de vinyle, pénétrant la pièce à froid, que l'on durcit ensuite par polymérisation à 37°, en vase clos. Ce procédé est fort peu agressif pour les tissus, donne des coupes minces comme la paraffine, solides et non déchirables comme le collodion, mais ne se prête pas, au moins jusqu'à présent, à la confection de coupes sériées en rubans. Avant de l’exposer par le détail, un bref historique des deux principales techniques d’inclusion nous parait toutefois nécessaire. i

En 1879, Maruias Duvaz (1) publiait un procédé d’inclusion au collodion humide et, en 1881, GIESBRECHT (2) faisait connaîlre le premier procédé d’inclusion à la parafline, utilisant comme solvant intermédiaire le chloroforme qu'il éliminait par évaporation progressive. Ainsi apparurent les deux techniques principales encore utilisées de nos Jours pour la confection des coupes histologiques. |

Le procédé de GiisBrecnr ne devxait pas entrer immédiatement dans la pratique courante. Il fallut, pour cela, qu'en 1883 Mayer (3) établit une étuve permettant de maintenir facilement la parafline en fusion ; que ce même auleur imagina un procédé commode pour étaler et coller les coupes sur les lames de cerre ; que Brass (4) en 1855, préconisa l'emploi du toluène ou du benzène comme solvant intermédiaire pour que la technique prit sa forme actuelle, Vers 1887, Larreux (5) ne mentionne l'inclusion à la paraffine que comme un procédé tout à fait spécial, réservé aux études embryologiques : les tra-

vaux courants se faisaient alors d'après les vieux procédés de durcissement par les liquides chromés ou bien par fa méthode plus récente de l'inclusion à la gomme. En 1902, dans le livre de Man 6), (Physiological Histology), la technique à la paraffine était considéré comme la méthode usuelle pour la confection des coupes.

Cependant, dès 1890, Bonnevaz (6) faisait remarquer l'altération des tissus délicats dans les bains de paraffine en fusion, et peu de temps après la découverte de GIESBRECHT, on remarque une éclosion de travaux se rapportant aux liquides fixateurs. C’est FLemmnc (7), en 1882, qui ouvre la liste, suivi par PEREnNIY (8), Poz (9), KuzcHirzKY (10), et, en 1893, par BLum (11) qui mtroduit le formol, base des fixateurs usuels actuellement en usage. Tous ces auteurs avaient en vue la composition de liquides permettant aux pièces soumises à leur action de résister sans trop d’altérations aux effets nocifs des bains de paraffine. Dans les débuts de l'application de cette méthode, on avait donc remarqué qu'il fallait coaguler énergiquement les protéines des tissus traités, si on voulait obtenir de bons résultats, en un mot les fixer, terme fort peu employé avant cette époque où on utilisait les réactifs coagulants et précipitants surtout comme durcissants.

De son côté, la controverse ouverte entre SCHIEFFER- DECKER (12) et Duvaz (13) en 1888, sur les avantages respectifs du collodion et de la celloïdme, aboutit à l'adopton de cette dernière et à l'établissement de la technique encore suivie aujourd'hui. Très rapidement, on remarqua l'avantage qu'il y avait à utiliser ce procédé d’inclusion qui ne faisait intervenir aucun chauffage et par con-

séquent, altérait beaucoup moins les tissus que les procédés à la paraffine. Mais, on en relevait les imconvénients, c'est-à-dire la lenteur des opérations, l’obligation de faire les coupes en présence d'alcool, sans laisser sécher les blocs ; l'impossibilité de faire des coupes sériées en rubans ; l'épaisseur toujours forte de ces coupes. À ces inconvénients, auxquels remédient partiellement le procédé mixte de KurcmTzxy (14) à la celloïdine-paraffine (1887) et la méthode de l’éclaircissement des blocs à l'huile de cèdre de BozLes L1E (15) (1896), on opposait la commodité avec laquelle la paraffine fournit des coupes minces et sériées, utilisables à la fois pour les travaux anatomiques et cytologiques : et on fermait quelque peu les yeux sur l'effet néfaste que pouvait avoir la chaleur sur les tissus au cours de-leur traitement par les bains de parafïfine.

A vrai dire, le problème de ces altérations haniait un certain nombre d’histologistes.

Martin HEIDENHAN (16), en 1901, inaugurait un procédé au sulfure de carbone qui réduisait au strict minimum la durée du chauffage à 56°. Un grand nombre de méthodes concourrant au même but : réduire la durée du chauffage furent depuis imaginées, jusqu’à celle, toute récente, de PASTERNACK (17) en 1940.

Il est néanmoins curieux de constater que, pour les travaux cytologiques, la méthode à la paraffine, seule capable de fournir les coupes minces nécessaires, était la seule utilisée alors que, de toutes, c'est elle qui avait le plus de chance d’altérer les structures cytologiques que l’on se proposait précisément d'étudier,

Aussi, depuis le début du siècle, l'introduction de

Page 1