FAUSTINE, QUINOLA
FAUSTINE
Tu dis donc qu'il est triste?
QUINOLA
Tout est contre lui.
(11 se fait nn jeu de scène entre Faanline et Quinola à propos du bon de deux mille écus qoMle lient à la main.)
FAUSTINE
Mais il sait lutter.
QUINOLA
Voici diîux ans que nous nageons dans les difficultés, et nous nous sommes vus quelquefois à fond : le gravier est bien dur.
FAUSTINE
Oui, mais quelle force, quel génie!
QUINOLA
Voilà, madame, les effets de Tamour.
FAUSTINE
£t qui maintenant aime-t-il?
QUINOLA
Toujours Marie Lothundiaz !
Une poupée !
QUINOLA
Une vraie poupée.
FAUSTINE
Les hommes de talent sont tous ainsi...
QUINOLA
De vrais colosses à pied d'argile.
FAUSTINE
Ils revêtent de leurs illusions une créature , et ils
68 QUIICOLA.
s^attrapent : Ils aiment leur propre création ^ les
égoïstes! s
QDraoLA, à part.
Absolument comme les femmes!... (HauL) Tenez, madame, je voudrais, par un moyen honnête, que cette poupée fût au fond*., non... mais d'un couvent.
FADSTINE.
Tu me parais être an brave garçon.
QUINOLA
J'aime mon maître.
FAUSTINE
Crois-tu qu'il m'ait remarquée?
QOINOLA.
Pas encore.
FAUSTINE
Parle-lui de moi.
QUINOLA
Mais alors , il parle de me rompre un bâton sur le dos. Voyez-vous, madame, cette fille?...
FAUSTINE
Cette fille doit être à jamais perdue pour lui.
QDINOLA.
Mais s'il en mourait, madame?
FADSTINE.
Il l'aime donc bien !
QUINOLA
Ah! ce n'est pas ma faute! De Valladolid ici, je lui ai mille fois soutenu cette thèse qu'un homme comme lui devait adorer les femmes, mais en aimer une seule, jamais.
FAUSTINE
Tu es un bien mauvais drôle ! Va dire à Lothundiaz de venir me parler et de m'amener ici lui-même sa fille... {ji pari.) Elle ira au couvent.
QUINOLA , à part.
Voilà l'ennemi ; elle nous aime trop pour ne pas nous faire beaucoup de mal.
(Qainola tort ea rencontrant don Fréfow.)