‹ Les Ressources de Quinola comèdie en cinq actes, en proseChapitre 52 sur 134 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

SARPI

Voire argent?

AVALOROS.

Non , mon attention à l'affaire.

SARPI

Si le vaisseau marche, vous voulez être à Fonlanarès ce qu’Améric est à Christophe Colomb.

AVALOROS.

N’ai-je pas là dans ma poche de quoi payer dix hommes de génie?

Comment vous y prendrez-vous?

AVALOROS.

L’argent, voilà le grand secret. Avec de l’argent à perdre, on gagne du temps ; avec le temps tout est possible; on rend à volonté mauvaise une bonne airaire; et, pendant que les autres en désespèrent, on s’en empare. L’argent, c’est la vie; l’argent, c’est la satisfaction des besoins et des désirs : dans un homme de génie, il y a toujours un enfant plein de fantaisies, on use l’homme et l’on se trouve tôt ou tard avec l’enfant : l’enfant sera mon débiteur, et l’homme de génie ira en prison.

SARPI

Et où en êtes-vous?

AVALOROS.

Il s’est défié de mes offres , non pas lui ; mais son valet, et je vais traiter avec le valet.

SARPI

Je vous tiens : j’ai l’ordre d’envoyer tous les vaisseaux de Barcelonne sur les côtes de France; et, par une précaution des ennemis que Fontanarès s’est fait à Valladolid, cet ordre est absolu et postérieur à la lettre du roi.

AVALOROS.

Que voulez-vous dans l’affaire?

SARPI

Les fonctions de grand maître des constructions navales?...

AVALOROS.

Mais que reste-t-il donc alors?

SARPI

La gloire.

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