FAUSTINE, QUINOLA
' FAUSTINE
Tu dis donc qu’il est triste?
Tout est contre lui.
(11 se fait un jeu de scène entre Fausline et Quinola à propos du bon de deux mille écus qu’elle tieut à la raaiu.)
FAUSTINE
Mais il sait lutter.
Voici deux ans que nous nageons dans les difficultés, et nous nous sommes vus quelquefois à fond : le gravier est bien dur.
FAUSTINE
Oui, mais quelle force, quel génie!
Voilà, madame, les effets de l’amour.
FAUSTINE
• Et qui maintenant aime-t-il?
Toujours Marie Lotbundiaz!
FAUSTINE
Une poupée !
Une vraie poupée.
FAUSTINE
Les hommes de talent sont tous ainsi...
De vrais colosses à pied d’argile.
FAUSTINE
Ils revêtent de leurs illusions une créature, et ils
s’attrapent : ils aiment leur propre création, les égoïstes !
quinola, à part.
Absolument comme les femmes!... (Haut.) Tenez, madame , je voudrais , par un moyen honnête , que cette poupée fût au fond... non... mais d’un couvent.
FAUSTINE
Tu me parais être un brave garçon.
J'aime mon maître.
FAUSTINE
Crois-tu qu’il m’ait remarquée?
Pas encore.
FAUSTINE
Parle-lui de moi.
Mais alors, il parle de me rompre un bâton sur le dos. Voyez-vous, madame, celte fille?...
FAUSTINE
Cette fille doit être à jamais perdue pour lui.
Mais s’il en mourait, madame?
FAUSTINE
Il l’aime donc bien!
Ah! ce n’est pas ma faute! De Valladolid ici, je lui ai mille fois soutenu cette thèse qu’un homme comme lui devait adorer les femmes , mais en aimer une seule, jamais.
FAUSTINE
Tu es un bien mauvais drôle! Va dire à Lothundiaz de venir me parler et de m’amener ici lui-même sa fille... ( A pari.) Elle ira au couvent.
quinola , à part.
Voilà l’ennemi; elle nous aime trop pour ne pas nous faire beaucoup de mal.
(Quinola sort en rencontrant don Frégote.)