SCÈNE VIII
FAUSTINE, FHÈGOSE.
FRÉGOSE
En attendant le maître, vous tâchiez de corrompre le valet.
FAUSTINE
Une femme doit-elle perdre l’habitude de séduire?
FRÉGOSE
Madame, vous avez des façons peu généreuses : j’ai cru qu’une patricienne de Venise ménagerait les susceptibilités d’un vieux soldat.
FAUSTINE
Eh! monseigneur, vous lirez plus de parti de vos cheveux blancs qu’un jeune homme ne le ferait de la plus beHe chevelure, et vous y trouvez plus de raisons que de... ( Elle rit.) Quittez donc cet air fâché.
FRÉGOSE
Puis-je être autrement en vous voyant vous compromettre, vous que je veux pour femme! N’est-ce donc rien qu’un des plus beaux noms de l’Italie à porter?
FAUSTINE
Le trouvez-vous donc trop beau pour une Brancador?
FRÉGOSE
Vous aimez mieux descendre jusqu’à un Fontanarès.
FAUSTINE
Mais s’il peut s’élever jusqu’à moi, quelle preuve d’amour! D’ailleurs, vous le savez par vous-même, l'amour ne raisonne point.
FRÉGOSE
Ah ! vous me l’avouez.
FAUSTINE
Vous êtes trop mon ami pour ne pas savoir le premier mon secret.
FRÉGOSE
Madame!... oui, l’amour est insensé, je vous ai livré plus que moi-même! Hélas! je voudrais avoir le monde
pour vous l’offrir. Vous ne savez donc pas que votre galerie de tableaux m’a coûté presque toute ma fortune?
FAUSTISE.
Paquila.
FRÉGOSE
Et que je vous donnerais jusqu’à mon honneur.