‹ Les Ressources de Quinola comèdie en cinq actes, en proseChapitre 65 sur 134 · FAUSTINE, MARIE · texte numérisé non relu

FAUSTINE, MARIE

FAUSTINE

Mon enfant, je vous aime et sais en quelle situation vous vous trouvez. Votre père veut vous marier à mon cousin Sarpi , tandis que vous aimez Fonianarès.

MARIE

Depuis cinq ans, madame.

FAUSTINE

A seize ans on ignore ce que c’est que d’aimer.

MARIE

Qu’est-ce que cela fait, si j’aime?

FAUSTINE

Aimer, mon ange, pour nous, c’est se dévouer.

MARIE

Je me dévouerai, madame.

FAUSTINE

Voyons, renonceriez -vous à lui, pour lui, dans son intérêt ?

MARIE

Ce serait mourir, mais ma vie est à lui.

faustine, à pari el en se levant.

Quelle force dans la faiblesse et l’innocence !... (Haut.) Vous n’avez jamais quitté la maison paternelle, vous ne connaissez rien du monde ni de ses nécessités, qui sont terribles! Souvent un homme périt pour avoir rencontré soit une femme qui l’aime trop , soit une femme qui ne l’aime pas : Fonianarès peut se trouver dans cette situation. Il a des ennemis puissants, sa gloire, qui est toute sa vie, est entre leurs mains : vous pouvez les désarmer.

MARIE

Que faut-il faire?

FAUSTINE

En épousant Sarpi , vous assureriez le triomphe de votre cher Fonianarès; mais une femme ne saurait conseiller un pareil sacrifice, il doit venir, il viendra de

vous. Agissez d’abord avec ruse. Pendant quelque temps, quittez Barcelonne. Retirez-vous dans un couvent.

MARIE

Ne plus le voir? Si vous saviez, il passe tous les jours à une certaine heure sous mes fenêtres, cette heure est toute ma journée.

faustine, à part.

Quel coup de poignard elle me donne! Oh! elle sera comtesse Sarpi !

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