‹ Les Ressources de Quinola, comédie en cinq actesChapitre 28 sur 135 · ACTE I, SCENE I. 3f · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I. 3f

MONIPODIO.

Tu es là clans le vrai.

A Valladoiid, un matin , mon maître, las du combat, a failli partager avec un savant qui ne savait rien... je vous l'ai mis à la porte avec une proposition en bois vert que je lui ai démontrée, et vivement.

MONIPODIO.

Mais comment pourrons-nous gagner honnêtement une fortune?

Mon maître est amoureux. L'amour fait faire autant de sottises que de grandes choses; Fontanarès a fait les grandes choses, il pourrait bien faire les sottises. Il s'agit, à nous deux, de protéger notre protecteur. D'abord, mon maître est un savant qui ne sait pas compter...

MONIPODIO.

Oh! prenant un maître, tu l'as dû choisir...

Le dévouement, l'adresse, valent mieux pour lui que l'argent et la faveur, car, pour lui, la faveur et l'argent seront des trébuchets. Je le connais : il nous donnera ou nous laissera prendre de quoi finir nos jours en honnêtes gens.

MONIPODIO.

Eh ! voilà mon rêve.

Déployons donc, pour une grande entreprise , nos talents jusqu'ici fourvoyés. Nous aurions bien du malheur si le diable s'en fâchait.

Ça vaudra presque un voyage à Compostelle. J'ai la foi du contrebandier : je tope.

Tu ne dois pas avoir rompu avec l'atelier des faux monnayeurs, et nos ouvriers en serrurerie.

MONIPODIO.

Dame! dans l'intérêt de l'État...

Mon maître va faire construire sa machine, j'aurai les modèles de chaque pièce, nous en fabriquerons une seconde...

MONIPODIO.

Quinola?

Eh bien?...

(Paquita se montre au balcon.) MONIPODIO.

Tu es le grand homme !

Je le sais bien. Invente et tu mourras persécuté comme un criminel, copie et tu vivras heureux comme un sot! Et d'ailleurs, si Fontanarès périssait, pourquoi ne sauverais-je pas son invention pour le bonheur de l'humanité ?

D'autant plus que, selon un vieil auteur, nous sommes l'humanité... Il faut que je t'embrasse...

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