‹ Les ressuscites au ciel et dans l'enferChapitre 14 sur 23 · LES RES · texte numérisé non relu

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chose que nous ne saurions assez répéter à nos lecteurs, c’est que la tradition est une, et que la révélation, le culte et les cérémonies, ces voiles symboliques qui recouvrent la splendide nudité de la vérité au sortir du puits de l’initiation, seuls changent l’aspect des religions. C’est pour cela que nous avons écrit sur le drapeau que nous tenons d’une main ferme : Respect à la tradition religieuse, et que nous parlerons avec une vénération profonde de toutes les religions; car, sous les voiles de l'allégorie et du mythe, il y a la flamme sacrée du trépied de Delphes qui inspire notre âme, remue noblement toutes les puissantes énergies de notre cœur, et transporte notre esprit au delà des temps, dans le monde de l’éternité.

La haute philosophie des initiations, qui sert de base à l’édifice religieux, fait toujours mention d’une dégradation originelle de l'homme, et s’en sert comme explication de la mort et preuve de la résurrection. Que l’on nous permette de citer un admirable passage d’un génie, flambeau de l'humanité, de Confucius, dont le nom est gravé dans notre cœur, par la main de l’admiration,

comme sur le fronton des sanctuaires cliinois qui lui sont consacrés, où il est inscrit accompagné de ces trois qualifications : au grand maître, au premier docteur, au saint. « Le monde ayant été créé, les hommes vécurent longtemps dans une grande sainteté; ils avaient le don de prophétie , et possédaient en outre des forces surnaturelles et miraculeuses. A cet âge d’or succéda une époque malheureuse : la terre produisit une plante douce comme le miel. Un homme vorace vint qui en goûta, et qui, par ses éloges, fit naître aux autres hommes l'envie d’en manger. Dès lors la sainteté disparut de dessus la lace de la terre : leurs forces surnaturelles et miraculeuses, la longueur de leur vie et leur grandeur diminuèrent. Le monde fut forcé de vivre dans les ténèbres pendant cet intervalle. L’âge. des hommes, les forces du corps, les vertus, diminuèrent encore davantage, et la vertu disparut entièrement, et à sa place parurent l’adultère, le meurtre, l’injustice et tous les maux qui ensanglantent le monde. » Cet admirable passage du grand maître Confucius est tiré du Sind hiiid , ou livre du siècle des siècles, titre magnifique et admirablement justifié; car

LES RESSUSCITÉ S l’esprit de vérité qu’il contient vient après bien des siècles nous engager à combattre à outrance l’ilicroyancc du siècle qui rejette le dogme du péché originel, et met en nos mains une force toutepuissante pour saisir le rationalisme à la gorge et l'étouffer.

Tons les peuples de l’Orient, persuadés que tous les enfants apportent, comme fruit du péché originel, en naissant, une enveloppe de mort sujette à la corruption et aux maladies qui masquent lame et en arrêtent les manifestations, ont eu recours aux plus effroyables pratiques de la contrition expiatoire pour s’en dépouiller, et arriver ainsf à l étal de vision prophétique dont jouissaient les premiers hommes. Ainsi les brahmines, dans l’indouslan, se livrent, dans leur fougueux fanatisme (comme diraient les rationalistes), à des pénitences qui font frémir la nature, et qui annoncent combien est merveilleuse leur intuition des effets du péché originel : les uns restent toute leur vie attachés à un arbre ; les autres se balancent sur les flammes d’un bûcher ardent; ceux-ci portent des chaînes d’un poids énorme; ceux-là ne se nourrissent que de li-

quide; quelques-uns se ferment la bouche d’un cadenas. Qu’elles sont mesquines auprès de ces grands pénitents, les dévotes modernes qui se bornent, comme pénitence, à faire maigre, c’està-dire à remplacer sur leur table le poulet par un homard, le filet de bœuf par un turbot!

Les religieux indiens comprennent admirablement la contemplation; ils s’efforcent, par l’austère mortification de leur chair, de dégager leur âme, d'en prendre possession, et d’arriver à la connaissance de ses puissantes manifestations et des opérations invisibles de l’esprit de Dieu en elle; ils croient à plusieurs paradis, dont le principal est le ciel irrévélé, où les contemplatifs jouiront de la possession de leur Dieu; les autres sont les jardins de délices dont Mahomet nous donnera tout à l’heure la brillante description. Ceux qui méprisent la parole sainte contenue dans les Védas et la traitent de mensonge, ceux qui font du mal à leur semblable, vont éternellement dans les enfers, qui sont au nombre de vingt et un, que l’islamisme a réduit à sept, et qui ont pour portes chacun un des sept péchés capitaux. Ces supplices des hommes sont ef-

fro} aides cl rappellent. en rigueur, les supplices des damnés sculptés sur les bas-reliefs des églises du moyeu àg< | qui représeuteut des brasiers ardents où les démons enfoncent à coups de fourches les tètes de ees malheureux, qui, ivres de douleur et grinçant de rage, s'efforcent d’échapper à leurs éternelles tortilles. Connue tous les peuples, ils croient à la reconstitution de la personnalité humaine dans l’autre monde.

Le grand succès des armes de Mahomet lient à ce que, tandis que la religion du Christ fait de la vie une mort et de la mort une vie, celle du prophète de la Mecque fait de la vie une lutte et de la mort nu repos, ^’ous n’avons pas ici à faire connaître, la vie, le caractère de Mahomet, ni à discuter sa doctrine; mais à faire connaître la croyance à une vie future des dix empires qui le regardent comme l'envoyé de Dieu. Cette étude fera comprendre les conquêtes réalisées par lui et ses successeurs, à la tète de troupes qui, le fanatisme au cœur et le cimeterre dans la main, s’avançaient résolument au combat, et bravaient courageusement la mort, qui, selon le prophète,

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était, pour ceux qui mouraient pour la cause sainte, la porte du jardin des délices.

Mahomet, emporté par une inspiration surhumaine qui rendait son visage resplendissant de tous les feux de l’extase, a décrit en ces termes le paradis qu’il promet à ceux qui l’auront mérité en combattant dans le sentier de Dieu :

« Les bienheureux seront dans des jardins de délices, arrosés de courants d’eau; ils y trouveront des femmes exemptes de toutes souillures, et des ombrages délicieux. Là ils recevront la visite des anges, qui y entrent par toutes portes; là ils n’entendront aucun discours futile, et la paix du Seigneur sera en eux.

« Les jardins de l’Éden sont destinés aux vertueux. Ils y entreront et se pareront de bracelets d’or et de perles; leurs vêlements seront de soie. Là ils se livreront à des transports de joie, en compagnie de leur épouse. Assis commodément sur des sièges, ils y auront des fruits, ils y auront tout ce qu’ils demanderont.

« Ceux qui craignent la majesté du Seigneur et désirent contempler la beauté de son visage auront deux jardins, tous deux ornés de bosquets.

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Ils se reposeront sur des tapis; les fruits s’offriront d’eux-mèmes à leur main s’ils désirent les cueillir. Là seront des jeunes vierges aux regards modestes, que n’ont jamais louches ni hommes ni génies, et des femmes vierges, aux grands yeux noirs, renfermées dans des pavillons.

« I^s hommes de la droite seront les premiers, les plus rapprochés de leur Dieu. Ils habiteront le jardin de délices, et s’y reposeront sur des sièges ornés d’or et de pierreries. Autour d’eux circuleront des jeunes gens éternellement jeunes et beaux, avec des gobelets, des aiguières et des coupes remplies d’une boisson liquide dont ils n’éprouveront ni maux de tôle, ni étourdissements, avec des fruits qu’ils choisiront à leur goût, et la chair des oiseaux qu’ils préfèrent. Ils y auront des beautés aux grands yeux, des beautés semblables aux perles les plus précieuses ; ces femmes, préservées de toutes souillures, lesabrcuveronl de délices. Dieu, par une création spéciale, a formé ces femmes d’une substance plus exquise ; elles resteront éternellement vierges, bien qu’elles soient unies, par les liens du plaisir, aux bienheureux. »

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Aü CIEL ET DANS L'ENFER.

Nous pe connaissons rien de plus terrible que la description de renier par Mahomet. Il est nécessaire de citer les paroles pour ne pas être taxé d’exagération.

« Ceux qui refuseront de croire, nous les approcherons du feu ardent. Aussitôt que leur peau sera consumée par le feu, nous les revêtirons d’une autre pour leur faire goûter les tortures du supplice. Le brasier ardent de la géhenne sera leur lit, et au-dessus d'eux des couches de feu les couvriront, et ils seront abreuvés d’une eau infecte. Leurs pieds et leurs poings seront chargés de chaînes; leurs tuniques seront de goudron, et les flammes envelopperont leur visage.

« Si les méchants possédaient tout ce que la terre contient, et une fois autant que cela, ils le donneraient, au jour de leur résurrection, i>our se racheter des souffrances du supplice dont ils se riaient, et qui les enveloppera de toutes parts.

« La récompense des ennemis de Dieu, c’est le feu. Il leur servira d’éternelle demeure, et ils crieront dans le délire fiévreux de la souffrance : Seigneur, monlre-uous les hommes et les génies

qui nous ont égarés, que nous écrasions4cur tète

sous notre talon !

« La géhenne, retraite des méchants, sera remplie d’embùches. Ils y demeureront des siècles; ils chercheront l’ombre et la fraîcheur, et ne la trouveront pas; altérés d’une soif ardente, ils n’auront pour boisson qu’une eau bouillante et infecte.

« Tandis que les méchants souffriront tous les supplices de la torture, les bienheureux, dans un jardin de délices, se reposeront sur des sièges magnifiques; ils boiront, dans des coupes enrichies de pierreries, une liqueur exquise, seront servis par des enfants d’une beauté éternelle, semblables à des perles défilées, cl auront des filles au sein arrondi et d'un âge égal au leur. »

Le paradis et les délices dont jouissent les bienheureux, selon Mahomel, peuvent se résumer en ces mots :

« Mais les fidèles serviteurs de Dieu recevront certains dons précieux, des fruits d’un goût délicieux, et ils seront honorés dans le jardin des délices, se reposant sur des sièges et se regardant lace à face. On fera courir à la ronde la. coupe

remplie d’une source d’eau limpide et d’un goût délicieux pour ceux qui la boiront; elle n’offusquera pas leur raison et ne les enivrera pas. Ils auront des vierges au regard modeste, aux grands yeux noirs et au teint éclatant, semblable à celui d’une perle dans sa coquille. »

Voici en quelques mots l’enfer :

« Ceux qui feront le mal, leur rétribution sera pareille au mal dont ils se seront rendus coupables sur celle terre. L’ignominie les couvrira, et il n’y aura point de protecteur contre Dieu, et leur \ isage sera noir comme un tombeau où règne une nuit épaisse. Ils habiteront le feu cl y demeureront éternellement. »

D’après ces quelques passages, les chrétiens ont porté contre les Arabes la grossière accusation de n’aspirer, dans l’autre vie, qu’aux jouissances voluptueuses de la chair, dans les bras blancs et doux des hou ris. Quelques passages des commentateurs arabes prouveront que ces peuples aspirent à la possession de Dieu. Nous aimons à renverser tous les préjugés, et notre titre glorieux de catholique ne nous donne certainement pas le droit de calomnier les musulmans, car

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