I.ES RESSUSCITÉS
noire Dieu n’est pas le dieu du mensonge, mais
nn Dieu de vérité.
Le plus grand de tous les maux des damnés, disent les auteurs musulmans, est la privation de Dieu. Les plus savants interprètes veulent que celle peine douloureuse, dont il est parlé dans lAlcoran, soit d’être altéré de Dieu durant l’éternité.
La plus grande des punitions des damnés, dit La sel li ri, est leur éloignement de la présence de Dieu et le voile épais qui les empêche de jouir do celle lumière divine qui donne à l’âme les ravissements de la vision béatifique.
Le même auteur, qui est le Fénelon des musulmans, dit à Dieu : « Ah ! Seigneur, faites de moi tout ce qu’il vous plaira, pourvu que je ne sois jamais séparé de vous. Il n’y a aucun poison plus amer ni plus mortel que celle séparation, car que peut faire l ame séparée de Dieu, sinon souffrir la plus terrible torture, celle de l'amour inassouvi? Tous les malheurs, mille morts endurées dans les supplices, les maladies les plus aiguës, n’ont rien de si douloureux que la privation de votre vue. »
L’auteur du Tenir KcOir dit que, lorsque les ressuscités sont éclairés, dans la béatitude, des rayons de la lumière divine, leurs substances sont entièrement pénétrées de la splendeur de ce qu’ils connaissent. Après celte pénétration intime de la source des lumières éternelles, les âmes des bienheureux entrent dans un grand repos qui leur cause une ineffable béatitude. Or celte joie consiste particulièrement en ce qu’elles ne sont pas seulement en présence de l’objet de leur amour, mais quelles se sentent intimement unies à lui. Voir, connaître, posséder son Dieu, voilà la haute et suprême béatitude du paradis. Car, connue l’a si bien dit un auteur musulman, à l’âme douce et contemplative : « La source du plaisir et de la joie est où l’objet aimable se rencontre. Pour moi, je ni' travaille à autre chose qu’à me jeter à corps perdu dans cet abîme. »
Un auteur persan a rendu admirablement celle idée : « Le plaisir que les bienheureux, comme autant d’amants passionnés, trouvent à prononcer le nom de Dieu, leur est plus doux que de demeurer éternellement dans le paradis; car, bien (pie