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Les restes de Christophe Colomb (d. Cristóval Colon)

l'extrait des Mémoires de l'Académie nationale des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Caen

DE

(D. CPJSTÔVAL COLON)

A la fin de Tannée 1877, une polémique ardente s'est engagée sur la question de savoir où reposent actuellement les dépouilles mortelles du grand navigateur qui « a donné un Nouveau Monde, « non pas seulement « à la Gastille et au Léon, » comme le veut sa devise si lière et si bien justifiée, mais à Thumanité tout entière.

Dans cette querelle, l'avantage est resté à l'Académie royale de l'Histoire (de Madrid), que le gouvernement de S. M. Alphonse XII avait chargée de procéder à une enquête sur ce sujet. La réponse du corps savant, rédigée et signée par un de ses membres les plus distingués, S. E. Don

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Manuel Golmeiro y Penido (1), a été publiée sous ce titre :

Los Restos de Colon, Informe de la Real A cademia de la Historia al gobierno de S. M. sobre el supuesto hallazgo de los verdaderos restos de Cristôval Colon en la iglesia catedral de Santo Domingo, publicado por el Ministerio de Fomento (2).

Après avoir reçu les autorisations nécessaires, nous avons résumé, discuté et complété le travail de l'éminent jurisconsulte, et nous espérons avoir établi que les restes de Cristôval Colon sont conservés dans la cathédrale de la Havane, à l'ombre du drapeau espagnol.

Bien que le commencement de la polémique relative à la sépulture de Colon date de neuf années déjà, notre étude critique n'est pas inopportune à l'heure présente. En elîet, malgré l'argumentation péremptoire et la discussion approfondie de M. Colmeiro, des esprits prévenus, des écrivains guidés par la passion ou Tintérêt, défendent encore l'authenticité des « véritables restes w du premier Almirante des Indes, soi-disant découverts, en 1877, à Saint-Domingue. Tout récemment, le comte Roselly de Lorgnes, dans son Histoire

(1) Doyen et ancien professeur de droit politique et administratif à la Faculté de droit de Madrid , sénateur du royaume élu par l'Académie, correspondant de l'Institut de France, auteur d'un grand nombre de travaux qui font autorité en érudition historique comme en jurisprudence.

(2) Madrid, M. ïello, 4879, pet. in-8".

postliimie de Christophe Colomb (1), a de nouveau contesté à l'Espagne l'honneur de posséder la tombe du héros, en même temps que, dans un style toujours acerbe et souvent injurieux, il a exhumé tous les lieux communs déclamatoires et calomnieux sur la prétendue ingratitude d'une nation envers l'homme qui lui a rendu des services si éclatants.

La lutte s'est donc réveillée plus violente que jamais et, cette fois encore, la victoire est restée aux érudits madrilènes. Nous reviendrons ailleurs sur le livre intitulé : Colon y la Historia postuma. Examen de la que escribiô el conde de Roselly de Lorgnes, leido ante la Real Academia de la Historia en jiinta extraor dinar ia celebrada el dia i 0 de mayo, por el capitan de namo Cesâreo Fernandez Duro (2).

Nous nous occuperons uniquement, dans ce premier travail, de ce qui a trait à l'authenticité des restes de Colon, et le lecteur impartial pourra apprécier les motifs cachés de la trouvaille moderne ainsi que les procédés de polémique de Mgr Roque Gocchia, des pamphlétaires dominicains et de M. Roselly de Lorgues.

(1) Paris, Didier, 1885, gr. iii-8».

(2) Madrid, M. Tello, 1885, pet. in-S». M. Fernandez Duro, capitaine de vaisseau, est auteur de savants ouvrages de cosmographie et de droit maritime , de dissertations nautiques, de mémoires sur Zamora et sur la découverte du royaume de Quivira, de Colon y Pinzon ; — El Duque de Albuquerque; — El Conde de Fuentes; — La Armada invencible (2 vol.), etc.

Avant d'entreprendre Fexamen des raisons alléguées de part et d'autre, il nous reste à remplir un devoir, celui d'offrir l'expression de notre respectueuse et profonde gratitude envers LL. EE. Don Antonio Canovas del Gastillo, ancien président du Conseil des Ministres, et Don Alejandro Pidal y Mon, ancien ministre de Fomento, à MM. Colmeiro et Fernandez Duro et aux nombreux érudits espagnols et français qui ont bien voulu nous encourager et nous aider dans cette démonstration de la vérité d'un fait si important pour l'histoire du « Découvreur » du Nouveau Monde. Si les pages qui suivent offrent quelque intérêt^ c'est à eux, à M. Colmeiro surtout, qu'il faut en attribuer tout le mérite ; car, nous devons le répéter, le mémoire que nous soumettons au public français n'est guère qu'une traduction tantôt abrégée, tantôt paraphrasée de celui de l'érudit rapporteur de l'Académie royale de l'Histoire.

Caen, 30 juin 1886.

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