‹ Les restes de la guerre d'EstampesChapitre 3 sur 101 · AV LECTEUR · texte numérisé non relu

AV LECTEUR

Mon Frère m ayant adressé à Paris les Vers et la Lettre que tu vois, pour enuoyer à Montargis; VOrdinaire qui l'apporta, maltraitta si fort ce paquet, que ie le receus tout décacheté : Quoy que ie ne sois pas des plus curieux , néanmoins ie me seruis de l'occasion, pour connestre ce que c'est oit. le ne l'auois pas leu à demy, qu'il suruint un de mes amis, qui ioignant son goust au mien, et mesme ses sentimens, me conseilla de ne le faire tenir qu'imprimé, et qu'il en valloit bien la peine : le luy representay la modestie de l'Autheur, mais il me fit croire quelle ne couroit point de risque de cette manière, et quil ne falloit pas estre si scrupuleux, quand il alloit du bien, ou du moins, du diuertis sèment public. Cher lecteur, si tu as un aniy que tu

Epistre. 23

estimes comme il faut ^ tu receuras mes excuses, le dirois quelque chose à Vauantage de ce paquet deuenu Liurej mais te suis Frère, et le sang qui par tout ailleurs donne de la beauté et de la vigueur aux choses, gasteroit et ajfebliroit icy l'éclat et la force de mes loiianges. l'attends ton iugement auec impatience, comme meilleur et moins intéressé. Adieu.

GOMMERVILLE.

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