ANAGRAMME VA NOBLE DARC
Entin les titres de tes pères Cachez sous ces beaux caractères, Se voient dans leur premier iour, Et par vn illustre miracle, Il se trouue que cet Oracle Sort de la bouche de l'amour.
Celle qui t'a donné la vie, Et qu'Orléans a veu rauie.
Pour estre l'honneur de ces lieux, M'accordera bien cette grâce.
Que ie te tire d'vne race Qui porte son nom iusqu'aux cieux.
Outre qu'elle sort de la ville.
Où cette généreuse tille.
Triompha de nos ennemis, Vous aués tant de sympathie. Que sans choquer la modestie, Le rencontre m'en est permis.
de la Guerre d'Estampes. 8i
le confronterois vos victoires, Chacune auroit à part ses gloires ; Mais ie craindrois que vos beaux yeux N'en témoignassent quelque honte, Comme à qui fait trop peu de conte D'vn pouuoir que i'esprouue mieux.
Elle deffit ceux d'Angleterre, Et tu vaincs par toute la terre :
Elle n'alla que iusqu'au corps, Et tes impérieuses flammes Brûlant d'abord iusques aux âmes, Signalent bien mieux leurs efforts.
Mais c'est en vain que ie m'estalle, Vn grand petit-Dieu vous egalle, Et a tiré de sur son arc La flèche qui luy sert de plume Pour écrire dans ce volume Son sentiment, VA NOBLE D'ARC.
VTRE, MESLE" DV MESME NOM, ET DE CELVY DE L'AVTHEVR, PAR LA CHERE BANDE D'AMOVR.
Pvisque ie n'ose pas écrire Le nom de celuy qui soupire Pour vos rares perfections, le le confonds avec le vostre ; Ne le prenez pas pour vn autre, 3US me reconnoistrez à mes affections.
D'VN FAVX BRAVE.
Qvand ie voy quelqu'vn qui fanfare, Deuine à quoy ie l'accompare, Car pour toy tu n'es pas vn vain, A quelque tonneau. Cher Arside, Qui fait du bruit, quand il est vuide, Et deuient sourd quand il est plein.
LA VERITE' RECONNVE.
Ne veus-tu donc iamais, Pasquette, Prendre part au plaisir que Pierrot te souhaitte ? Oûy vraiment, gros vilain, tu viendras m'écorcher ; Maman me l'a iuré, va-t'en ailleurs chercher : On se moque de toy, dit Pierrot, et pour gage, Tiens mon pouce, et mors moy, si io te fais outrage, Par cette composition Il vainquit son humeur fascheuse, lusques là qu'au milieu de ladite action. Elle crioit, Maman, que vous estes menteuse !
de la Guerre d'Estampes. 83
POVRQVOY PEV D'AVOCATS SAVVE'S.
Toy qui sçais les deuots tracas, i^t qui de nostre Eglise as couru les Archiues,
D'où vient qu'entre les Aduocats, )n ne connoit pour S. que le pauure sainct Yues ! l'est que Dieu, comme on dit, est le Dieu de la
[paix ; i'ils estoient deux au Ciel, il ne l'auroit iamais.
ARGVMENT D'VNE PRETENDVE SÇAVANTE.
/ne illustre Douegne se croioit vne Muse, Quoy qu'elle ne fust qu'vne buse,
illle auoitun peu leu, remarqué quelques traits, Citoit Ciceron et Socrate, Ses discours estoient des arrests,
[t sentoient, comme on dit, son ame délicate.
vCS hommes ont grand tort, se plaignoit-elle un
[iour,
)'ainsi nous descrier, et louer tour à tour,
Is disent que Socrate auoit mauuaise femme,
It aussi-tost après qu'il auoit bonne famé.
DELICATESSE CONSCIENTIEVSE,
Cloris n'est ny belle ny ieune, Et tu t'en viens Toffrir à moy qui suis puceau ; Mais pour vn si mauuais morceau, le ne veus pas rompre mon ieusne.