CONTRE LES HAISSANS LA VIE
le ne puis souffrir le mespris
Que tant de gens font de la vie,
lusqu'à proposer de grands pris,
A ceux qui se l'estoient rauie :
Ce sentiment ne naist qu'en vn morne cerueau, Qui meconnoistla gloire, et deuient son bourreau;
Outre que cette extrauagance
Choque mesme la conscience, Mille galans espris ont desia pris le soin
D'escrire contre cette rage ;
Pour moy le ne vais pas si loin
Et n'entre qu'au premier estage :
Si la vie est vn champ cultiué de malheurs, Semé de nos soupirs, arrosé de nos larmes, Dont la moisson n'est rien qu'espines, que douleurs, Et les moins mauuais fruits, que craintes et qu'a-
[larmes ; Pourquoy Dieu promet-il de prolonger les iours. Comme vne recompense au chastiment- contraire,
Aux enfans qui dans ces seiours
Auront honoré père et mère ?