‹ Les restes de la guerre d'EstampesChapitre 69 sur 101 · CONTE D'VN VIEVX MOINE · texte numérisé non relu

CONTE D'VN VIEVX MOINE

L'edenté frère Pierre, estant entré chés Lise, Où brilloit en la salle, vn miroir de Venise,

Et s'estant regardé dedans, II s'escrie, est ce là ce merueilleux ouurage i Bien loin d'y remarquer les traits de mon visage,

le ne m'y sçaurois voir de dents.

SVR DES HEVRES.

Philis c'est abuser de Dieu, Ses faueurs sont desia trop grandes.

Et sans faire d'autres demandes Rendes luy grâces en ce liev.

AVTRE.

l'ay pitié de vous voir damner, Dieu vous entend mais il ordonne, Qu'il faut deuant me pardonner, Si vous voulés qu'il vous pardonne.

de la Guerre d'Estampes. 103

AVTRE.

Rougisses de honte, Syluie, lustes Dieus ! quelle impieté, Elle espère en vostre bonté.

Alors qu'elle en veut à ma vie ?

AVTRE.

Hé quoy vous osés à mes yeux.

Rechercher Dieu de quelque grâce ?

Promettes de me traitter mieux.

Si vous voulés qu'il vous la fasse.

AVTRE.

C'est trop prier, belle Siluie, Dieu fera ce que vous ferés ; Vostre grâce sera suiuie De celle que vous donnerés.

AVTRE.

En vain vous faites tant de veus.

Tout ce grand zèle est hipocrite ; Voulés vous que Dieu vous imite.

Regardés de bon œil mes feus ?

Page 1