PLAINTE DE TIRSIS A CLORIS
Si des effets de ramitié L'on peut iuger par l'aparence, Cloris, ie n'ay point d'espérance D'émouuoir pour moy ta pitié.
Ta froide mine monstre bien Qu'ailleurs ton amour est placée, Et qu'il faut m'oster la pensée Que pour attendre on ne perd rien.
Tu peux me donner le trépas ; Mais, prend garde belle inhumaine, Que le suiet qui fait ta peine Blesse, et ne te guérira pas.
Ton mal et le mien diferens Ont pourtant vne mesme cause.
Et si non plus que toy ie n'ose Rendre mes désirs apparens.
Hé ! vraiment vous l'entendes bien.
Que faire d'vn muet, d'vn sourd sans repartie ?
D'vn muet, reprit l'autre ; aussi fort quVn taureau.
Naguère il me crioit, gare, gare en la rue.
Enfin repart le drôle, il s'est coupé le veau,
La vérité Monsieur vous paroit toute nûe, Dieu sçait s'il sceut auoir après Despens, dommages et interests.