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15 6 1 15 6 1 14 7 1 12 10 1 10 3 Logis sans nourriture pour une semaine de 6 jours:
etc.
Les arrêtés du Comité de salaire ont été partout appliqués. U amélioration du salaire est devenue un fait.
Quant aux autres résultats, nous trouvons des appréciations substanciées dans un interview avec Sir Henri Rew, Deputy Chairman of the Agricultural Wages Board, publié dans la « Wages Board Gazette», l^»^ décembre 1920.
D'après le vice-président du Comité de salaire, la durée de travail agricole a été réduite comme conséquence de Vactivité du comité, malgré le fait qu'aucun de ses arrêtés n'a édicté un changement dans les heures de travail.
Le comité précise simplement quelles sont les heures à compter comme heures supplémentaires pour lesquelles des paiements
(1) Corn Production Act, 1917.
(2) Corn Production Act, 1917, Agricultural Wages Board.
complémentaires sont dus, tandis que si l'employeur peut s'arranger avec ses ouvriers pour qu'ils travaillent 54, 56 heures ou davantage, rien ne Tempêche de le faire. Néanmoins, le fait indirect d'une fixation à 50 ou 48 heures de la semaine ordinaire de travail (qui doit être rémunéré par les salaires réguliers) a influencé les dispositions des deux parties. Les employeurs hésitent à payer pour un temps plus étendu et les employés ne veulent guère travailler au-delà du temps réguh'er, malgré les paiements complémentaires. Toutefois, le comité a pris comme base de ses fixations une semaine plus longue pour les ouvriers chargés de l'administration des stocks.
Les chefs des ouvriers agricoles reconnaissent d'ailleurs qu'il est impraticable de classer d'une manière rigide les heures du travail agricole et ils sont d'accord que l'on travaille davantage à condition qu'il y ait des paiements additionnels.
Quant au salaire, l'action du comité a été critiquée sous deux points de vue différents. On est d'accord que l'Angleterre ne peut échapper à l'accroissement général des salaires, mais beaucoup d'employeurs prétendent que les salaires minima sont supérieurs aux salaires que le libre jeu des forces économiques aurait créés. D'autre part, les représentants des ouvriers prétendent que, sans la création de Comités de salaires, ils auraient pu par l'action directe obtenir des salaires plus élevés.
Je crois, dit le représentant du comité, que ni l'une ni l'autre de ces vues ne sont correctes; je considère que l'accroissement des salaires agricoles s'accomplit dans un rapport équitable avec l'accroissement des salaires industriels.
11. Le salaire minimum dans les mines de charbon (en Angleterre),
Le travail agricole en général n'est plus un travail de femme, ni un travail à domicile. Les syndicats agricoles, en Angleterre du moins, sont assez puissants. Ils n'ont cependant point la force des syndicats industriels et sont moins capables de fixer les salaires par leurs propres forces.
Dans les mines de charbon, le problème est tout autre. Les mineurs anglais comptent parmi les groupements ouvriers les mieux organisés et les mieux payés du monde entier. Ils seraient loin de prétendre eux-mêmes que leur faiblesse nécessiterât une
intervention humanitaire, mais il y a deux autres points de vue qui différencient les mines de l'industrie en général. 1® Toute grève ne lèse pas seulement les patrons et ouvriers visés, mais une grève dans rindustrie du combustible jette nécessairement le désordre dans l'économie nationale. La grève générale du printemps 1921 Ta prouvé d'une manière évidente. Il est donc difficile d'admettre la fixation des salaires par les grèves comme cela se pratique dans les industries ordinaires.
2® Le travail du mineur se paye aux pièces et ceci est nécessaire pour qu'il s'efforce de produire autant que possible. Mais la structure géologique des mines n'est pas uniforme. Il y a des places où l'ouvrier, même avec la meilleure volonté du monde, ne peut obtenir que des résultats insuffisants et même parfois n'obtient aucun résultat. Il faut tout de même qu'il vive. Il est donc nécessaire de compléter les tarifs aux pièces par un minimum de salaire pour le travail par heure.
Après la grande grève anglaise de 1912, ces deux points de vue ont fait promulguer la loi instituant le salaire minimum dans les mines de charbon. Des «Joint district boards» (comités paritaires pour chaque district) ont été formés, composés de délégués des ouvriers et des propriétaires des mines, ainsi que d'un président indépendant élu par les deux parties, ou, s'ils ne peuvent pas s'entendre, nommé par le gouvernement. Ils fixent le minimum de salaire et délivrent des permissions de travailler à un taux moindre à des ouvriers âgés ou ayant des défauts physiques. (1)
Les comités peuvent changer leurs déterminations: 1° par l'acceptation des deux parties;
2® une année après leur dernier arrêté par un vote à la majorité. L'Angleterre a été divisée en 23 districts charbonniers présentant chacun des conditions assez uniformes et dans chacun de ces districts un comité a été constitué.
Pendant la guerre, les salaires aux pièces ont été augmentés à plusieurs reprises et les salaires minima ont dû être augmentés d'une manière correspondante.
L'augmentation du salaire minimum a d'ailleurs une grande influence sur le salaire aux pièces, car les propriétaires des mines
(1) Stone, The British Coal Industry, London 1920.
ont un intérêt à ce que les salaires à la pièce soient largement au-dessus du salaire minimum. Autrement, les ouvriers sont tentés de renoncer à tout grand effort et prennent les choses d'une manière facile, se contentant du salaire minimum, «They go upon the minimum», comme on dit là-bas.
L'expérience a prouvé que là où le salaire minimum est appliqué de préférence, la production est moindre qu'ailleurs. Cet état du problème est du reste assez significatif et démontre certains dangers de l'application du salaire minimum dans ces conditions particulières.
Des «Joint District Boards» appliquant les salaires minima ont été créés à la suite de la grande grève pour donner satisfaction aux ouvriers et ont servi ainsi dans une certaine mesure à la cause de la paix industrielle. Mais leur activité n'a point pour but de régler des conflits. Ces fonctions incombent aux «Conciliation Boards» institués depuis 1896. Ces institutions s'occupent de tous les litiges résultant des salaires aux pièces, de la constatation des places mauvaises, des pourcentages à ajouter aux salaires par la législation de guerre, des heures de travail, des intervalles et des heures de repas.
Le mécanisme des mjnes anglaises pour le règlement des conflits paraissait d'ailleurs plus complet encore. Le Board of Trade (Ministère du Travail) peut, s'il le juge utile, nommer un «conciliator» ou un «arbitrator». Toutefois, les litiges résultant de l'application du minimum de salaire n'incombent pas à ces différentes institutions, mais bien aux «Joint District Boards» indiqués ci-dessus.
Les résultats de l'institution s'entrevoient par ce qui précède. Les ouvriers ont obtenu satisfaction pour le paiement des travaux faits dans des places mauvaises. Ils ont cessé la grève de 1912 et ne sont plus tentés de faire la grève pour cette raison. La grève de 1921 a été engendrée par le bouleversement général de l'économie anglaise et de l'économie mondiale, faisant naître mille antithèses nouvelles.
Elle sort du cadre des questions qui nous préoccupent.
Un but de justice aussi a été réalisé. D'autre part, nous avons vu que les salaires minima restreignent dans une certaine mesure le travail aux pièces et les avantages qui en résultent pour la bonne volonté des ouvriers de produire autant que possible.
Tandis que pour le travail en chambre le salaire minimum lui-même est un salaire aux pièces, nous avons vu que pour les mines, c'est le contraire. Des désavantages qui, pour le travail à domicile, ne peuvent donc point résulter du salaire minimum, sont possibles dans les mines. Il faut donc être très prudent dans ce dernier domaine et ne point fixer des salaires minima très élevés. Ou bien, il faut augmenter d'une manière encore plus considérable les salaires aux pièces. Autrement, la loi devient nuisible à la production des mines et au bien-être de la collectivité.
Somme toute, le problème des mines qui vient de nous occuper est un problème très spécial et complètement différent de celui de toutes les autres industries que nous avons examinées.