‹ Les résultats du traitement chirurgical de la tuberculose iléo-cœcaleChapitre 22 sur 45 · HAS · texte numérisé non relu

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tuberculose iléo-cœcale sont des tuberculeux pulmonaires. Sur 46 malades, 30 fois, soit dans plus de 65

des cas, 1l existait ou il avait existé d’autres localisations tuberculeuses : et 27 fois cette localisation était pulmonaire. Encore cette proportion est-elle, certainement trop faible, car, à suposer même que les observations aient été prises, à ce point de vue, avec tout le soin désirable, il y a des malades qui ont des lésions tuberculeuses

qu'ils ignorent, et qui ne se manifestent pas au moment

de l’examen.

Si nous insistons sur ce fait, c’est parce qu'il est écrit, dans beaucoup de livres, que la tuberculose iléo-cœæcale est, dans sa forme hypertrophique, habituellement primitive. (1) Or, en nous limitant aux cas qui, dans nos

observations, doivent être classés comme tuberculose hypertrophique, nous trouvons que 23 tuberculoses de cette sorte, il en est 7 seulement qui sont cliniquement primitives, contre 16 qui sont secondaires à d’autres manifestations tuberculeuses clniquement appréciables, et habituellement apparues longtemps avant les symptômes abdominaux. Nous ne parlons pas des formes entéro-

(1) Dans un manuel de Pathologie externe, nous lisons même « Si les lésions de tuberculose primitive ne sont pas toujours hypertrophiques, les lésions hypertrophiques sont toujours primitives*». Dans un autre, nous voyons « … un fait capital est établi depuis le mémoire de Pilliet et na : la tuberculose du gros intestin est souvent primitive.

péritonéales, qui sont, de l’opinion même de tous les auteurs, habituellement secondaires.

On voit, par ces chiffres, que la tuberculose cœcale primitive est relativement rare, contrairement à ce que l'on croit, sur la foi des traités. Dès lors, la fréquence de la mort par tuberculose pulmonaire s'explique d’elle- même. IT est évident que si la tuberculose intestinale est “secondaire, elle n’est plus une maladie locale. Son ablation, surceptible de soulager le patient, le laissera quand même tuberculeux.

Est-ce à dire que dans tous les cas, la mort par tuberculose sera fatale? Evidemment non. Il est certain que les lésions tuberculeuses qui ont donné naissance à la tuberculose cœvcale peuvent être éteintes, aw/moment d< l'opération, ou au’elles peuvent s’éteindre ensuite.

Et puis, il doit probablement exister quelques cas — que nous croyons rares — de tuberculose d’origine exogène, alimentaire. C’est ce que semblent prouver les expériences de Chauveau (1). Si nous croyons que ces tuberculoses primitives sont rares, c’est que ces expériences réalisent des conditions bien éloignées de celles de la vie humaine. Les génisses de Chauveau ingéraient, de façon répétée, 30 gr., 50 gr., 100 grammes de matière

(1) Chauveau. Démonstration de la virulence de la tuberculose pat les effets de l'ingestion de la matière tuberculeuse dans les voies digestives. ete.

Bulletin Académie de Médecine, 1868, p. 1007.

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tuberculeuse (matières puriformes, crétacées, extraites de poumons tuberculeux) délayées dans l’eau. Elles devenaient ainsi tuberculeuses, grâce à l’action prolongée d'aliments très riches en bacilles. —"En est-il ainsi dans les conditions habituelles ? Aucun aliment ne. possèd une pareille richesse en bacilles de Koch, et de plus, ils n'agissent que d'une façon éphémère. Enfin, leur préparation, l’action des sucs digestifs sont autant de causes empêchantes. à

Ces conditions expérimentales sont, gu contratre, réalisées dans le cas du tuberculeux qui dégluit ses crachats. Il y a là action continue et richesse en microbes. Aussi est-ce là, sans doute, le mode de production principal des tuberculoses iléo-aœæcales. Il faut y ajouter, toutefois, le mécanisme du transport des bacilles par le sang, depuis le foyer initial jusqu'à l'intestin.

L’expérimentation a permis à Locper (1) de reproduire, par des injections intravasculaires, des infiltrations tuberculeuses iléo-cœcale rappelant le form: hvperirophique.

Que la voie suivie soit intestinale ou sanguine, Îa tuberculose iléo-cæcale n’en sera pas moins hab'tuellement secondaire. Rien d'étonnant que, même après la cure de ses lésions intestinales, le sujet ne meure tuber-

culeux:

(1) Loeper. L'origine sanguine de certains tuberculomes du cœcum. Progrès Méd. 1911 n° 12, p. 145, et Leçons de Pathof. digestive, 2° sérre 1942, p. 201.

‘IL - La récidive de la tuberculose intestinale,

; Neuf fois, les opérés ont présenté, un temps variable

après l'opération, de nouvelles douleurs abdominales. de

la diarrhée, quelquefois une tuméfaction localisée dans la fosse iliaque, tous ces phénomènes aboutissant plus ou moins rapidement à la formation d’une ou plusieurs fistules stercoralés. -

Nous pensons que l'interprétation de ces observations ne doit pas être la même, selon que ces signes se montrent longtemps après l'opération, au bout de plusieurs années, comme dans les observations G (5 ans), 11.024 (10 ans 1/2), 18.202 (4 ans) — ou qu’au contraire, ils apparaissent presque immédiatement après elle : observations 5147-6013-6826. |

Dans le premier cas, où les accidents réapparaissent tardivement, après une période plus ou moins longue de bonne santé, on peut réellement parler d'une récidive. Les mêmes causes qui avaient présidé au développement de la tuberculose iléo-cœcale président à la formation de nouvelles lésions tuberculeuses. Il est intéressant de constater que ces récidives vraies surviennent chez des sujets qui, cliniquement, ne présentent pas de tuberculose pulmonaire, ce qui va contre l’idée d’une action possible des crachats déglutis, et tendrait plutôt

à faire admettre la voie sanguine, pour leur pathogénie.

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