‹ Les révélations de l'écriture d'après un controle scientifiqueChapitre 8 sur 80 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

Conclusion

La conclusion la plus certaine de toutes nos études précédentes est l'existence de caractères sexuels dans l'écriture. Cette existence me paraît aujourd'hui démontrée de la manière la plus satisfaisante.

Il y aurait bien des questions subsidiaires à poser, questions dont la solution reste encore tout à fait problématique. Ainsi, tout d'abord, on peut se demander dans quelle mesure les caractères dits sexuels de l'écriture sont en relation avec des causes psycho-physiologiques profondes, comme les fonctions de reproduction ou les caractères sexuels psychologiques — ou bien si ces caractères sexuels de l'écriture ne dépendent pas de causes plus fortuites, plus superficielles, comme des différences de mode, d'éducation. Il est incontestable que quelques-uns des types d'écritures qu'on attribue généralement à la femme sont un effet de pur snobisme se développant par esprit d'imitation. Si bien peu d'hommes ont adopté l'écriture très caractéristique dite « du Sacré- Cœur », c'est parce qu'on l'enseigne surtout dans les couvents de femmes. Cette question des causes doit être ici, comme partout ailleurs, très compliquée.

Un autre point soulève, ou pourrait soulèvera l'occasion, dans des circonstances judiciaires, un grand intérêt pratique : à savoir dans quelle mesure un expert habile peut, étant placé devant un document écrit, affirmer le sexe du scripteur. Nous avons vu le pourcentage d'erreur de nos deux graphologues ; il est un peu moindre que celui des ignorants; dans les cas les plus favorables, il n'a été que de 10 p. 100.

Au point de vue de notre recherche, peu nous importe la difficulté pratique de détermination du sexe; il nous suffit d'avoir établi que cette détermination est possible, parce que nous démontrons du même coup l'existence d'un signe sexuel dans l'écriture; les degrés de l'habileté individuelle ne nous intéressent pas directement. La question de savoir si l'expertise du sexe par l'écriture est admissible en justice dépend en somme de la solution donnée à cette autre question : dans une expertise judiciaire, une erreur d'un dixième est-elle tolérable ?

Je pose ce 'point d'interrogation sans y répondre moimême.

En tout cas, il me semble que MM. les juges ne devraient consentir à écouter un expert, même assermenté, qu'après avoir contrôlé son talent par des épreuves analogues à celles que je viens d'inaugurer. ILy a là, ce me semble, une question préjudicielle de procédure judiciaire qui ne manque pas de quelque importance. Les experts ne devraient être nommés qu'après un concours composé d'épreuves pratiques qui démontreraient scientifiquement leur habileté.

Brièvement, et pour conclure :

L'écriture contient certainement des caractères permet tant de déterminer le sexe du scripteur, avec un pourcentage d'erreur qui, dans les circonstances les plus favorables à l'expertise, a été d'un dixième.

Page 1