PREFACE XVII
anciennes croyances ; en sorte qu'il sert la cause qu'il croyait ruiner, qu'il voit se détacher de lui ceux-là même qu'il comptait employer comme instruments dans sa lutte, et qu'il meurt en se sentant vaincu. Tout l'effort du poète porte sur la peinture du caractère de Julien, qui ne ressemble point, il est à peine besoin de le dire, au Julien de l'histoire, mais qui sert à traduire, comme une sorte de symbole, la conception que s'est feite Ibsen des redoutables problèmes auxquels il touche. Et il n'est pas difficile de reconnaître que, comme un de ses personnages dont il semble avoir fait son porte-parole, le mystique Maximos, il comprend la nécessité historique de l'avènement du christianisme sans l'admirer ni l'aimer, sans cesser d'aspirer à un « troisième règne », qu'il ne définit pas, mais qui serait la réconciliation entre la théorie de la jouissance, fond des croyances païennes, et celle de la renonciation, båsedes doctrines nouvelles. C'est certainement lui qui parle quand son héros dit : « Toute ma jeunesse n'a été qu'un effroi limité devant l'Em-