‹ Les rêves de MathéusChapitre 14 sur 71 · SCÈNE VII · texte numérisé non relu

SCÈNE VII

(.ABRlliLLi:, MATIIÉUS, PUIS FRITZ.

GXhRiiùLLii., entre sans voir Malhéus , et pose sa corheiUe de fleurs sur la cheminée»

MATHÉLS, à lui-7némc, continuant.

Qui a osé outrager ma diviDe Oclavie! la candeur, l'innocence même !

GABRiELLE, tout émuc ct arrangeant ses [leurs dans les vases. Oh ! mon Dieu ! s'il savait comme on le trompe ! . . .

MATHÉts, de même.

Pour les vexer, elle n'ira pas à Vienne! Je l'enlève à l'empereur d'Autriche ! . . . çà sera peut-être un casus hclli. Je m'en moque!... f l pour triompher de ses rigueurs, je l'épouse.

GABRiELLE, involontairement. ,

L'épouser ... i

MATIIÉUS, se retournant aussi.

Vous m'écouliez, mademoiselle?. . .

GABRIELLE

Pardon ! . . . c'est sans le vouloir ! ■ . . je rentrais. . .

MATnÉLS.

i:t il paraît que mon choix n'a pas votre approbation?. . . mais, je me crois assez grand pour marcher sans lisière ! . . .

GABRIELLE, viveiUOlt.

')h! monsieur, ce que je désire le plus au monde, c'est votre bonheur!. . . il me semblait que la femme de mon bienfaiteur devait être d'une conduite irréprochable.. . MATIIÉUS, avec aigreur.

El que lui reproche-t-on, s'il vous plait?. . . à cette pauvre Octavie?

GABRIELLE, hésitant.

Je n'oserais. . .

MATHÉus, à Gabrielle.

Parlez. . . je le veux.

FRITZ, paraissant à droite.

On m'a recommandé de tout entendre. . .

SIATHÉUS.

(Avec ironie.) Mademoiselle Gabrielle se sera .'■0.iic)ti-uhée de •luelques caquets d'antichambre! ces maîheurciîîLS danseuses., . on est si léger à leur égard ! . . .

FRITZ, à part, écoulant,

La bégueule d'orpheline, . . attention ! . . .

ACTl^ I, SCÈNE VU. -iô

jt

(îABRIliLLE.

!Non, monsieur. . . on ne m'a rien dit. . . mais j'ai vu de mes propres yeux ! . . .

M.VTHÉus, vivement.

Vu!..,, quoi?... qui?... qu'est-ce?

CABUIF.LLE.

Vous savez que mademoiselle Octavie demeure sur la place de la Comédie. ..

MATHÉUS

Parbleu ! si je le sais!. . . un magnifique rez-de-chaussée que je lui ai fait meubler.

GABRIELLE

Tout-à-l'heure, je revenais du Marché aux fleurs. . . je ne sais pourquoi mes yeux se .sont tournés vers son appartement, dont les fenêtres étaient ouvertes; et, comme le vent soulevait le rideau, je l'ai vue. . .

MAxnÉus, d'un air amoureux.

J'aurais voulu être là pour jouir du coup d'oeil.

GABRIELLE

Je l'ai vue... sauter au cou d'un jeune homme qui venait d'entrer...

MATUÉUS.

IFein ! . . . un jeune homme ? . . .

GABRIELLE

En s'ccriant : « Mon ami te voilà !. . . Tu me reviens cntin !... »

MATHÉUS, frappé.

Mon ami ! . . .

FRITZ, bas au fond.

La mèche est éventée ! . . . Courons vite ! . . . (Il s esquive à pa^ de loup et disparait. )

MATHÉUS, aceahlé Mon]ami!...Ce u'était pas son maître à danser... M. Mazurka?... un petit vieux?. ..

GABRIELLE

Du tout. . . un beau jeune homme ! . . .

MATHÉUS

Plus beau que moi?. ..

GABRIELLE, naïvement.

Je ne trouve pas,.,, mais...

MATHÉUS

îl parait qu'elle le trouve elle... puisqu'elle lui sautait au cou!-,. Lille qui se fâche quand je veux lui baiser la main !,. infumie !.., Et comment s'y prenait-elle?

GABUiKiLB, étonnée,

pam !... comme on s'y prend !..,

JtJ LtS RÈVtS DE MAlllttS.

MATHÉIS.

Il y a tant de manières!. , . vous comprenez. . . je tiens à me rendre compte. . . Je vous en prie, clière Gabrielle, supposez que je suis le beau jeune homme. . . l'aites Oclavie. . . et montrezmoi. . .

r.AHRiELLE, confuse.

Oh ! monsieur, je ne pouirai jamais. . .

ïrATHÉUS.

Avoir l'air de m'aimer?

GABKIKLLE OVCC inlCtUioil.

Ce n'est pas cela qui est tlilliciie. . .

MATIIÉLS.

Me sauter au cou!... Mais, dans notre enfance, nous nous sommes embrassés vingt fois!... Voyons... je suis le jeune homme. . . j'entre. . . tu l'enlaces, en t'ôcriant !..

GABRIELLE, entraînée et se jetant dans les bras de Mathém. Ah! M. Mathéus!. . .

MATH EUS, criant.

Ce n'est pas cela ! . . .

Gabrielle, revenant à elle.

Pardon ! je ne sais ce que je dis . . .

MATHÉUS, l'embrassant.

Oii ! n'importe ... j'y vois clair. . . l'infidcle ! . , . et ils se sont embrassés? comme ça,. . . la perlide ! . , . et ils ont recommencé, comme çà . . . N'est-ce pas ?. . . (// l'embrasse encore.) Oh! les indij^nes. . . Oui, oui, à l'amour que tu viens d'y met^re. . . je juge de celui qu'elle ressentait!... c'est un amant!... Et moi, un (îeorges Dandin, en herbe!... qu'elle trompe... qu'elle bafl'oue... ah! ah! Je me vengerai .. . je veux l'humilier devant toute la ville. . . et quant à son beau SIédor, ah ! ah ! GABRIELLE, trcs-émuc .

Vous exposer ! . . . Oh ! non, M. Malhéus, je ne m'en consolerais jamais. . . et si j'avais pu prévoir. . .

MATHÉUS

Ne 'crains rien, ma bonne petite Gabrielle!... { Ritournelle à l'orchestre.) Justement, j'entends mes convives. {Biant convulsivement. ) Ah ! ah ! nous allons rire ! . . .

GABRIELLE, rctoiimant à ses peurs cl à part.

Il me fait jjcur !

ACTK 1, SCȫE VIU. H

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