‹ Les rêves de MathéusChapitre 15 sur 71 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

I,E8 MÊMES, CONVIVES DES DEUX 8EXBS, VALETS, pUtS OCTAVIE ET LÉONIDAS.

( Musique. )

tE VALET, annonçant du fond.

M. le baron Bicherckoff !. . . Mademoiselle Coraline.

MATHÉus, allant à elle.

Ah ! . . . ma chère Coraline. . . vous venez à propos! {A part.) Pour la danse qui se prépare. . .

LE VALET

M. le receveur Golsberg, le colonel Krackmann.

MATHÉus, à part, regardant autour de lui. Je ne la vois pas. . . Elle n'osera pas paraître! . . .

LE VALET, annonçant.

Mademoiselle Octavie.

MATHÉUS, à part.

C'est elle ! . . . Elle a l'audace.

(Octavie parait dans une toilette trés-élégante et suivie de Lconidas,)

TOUS, l'entourant.

Plus jolie que jamais !.. .

coBALiNE, les femmes.

Quelle ravissante toilette!...

OCTAVIE, langoureusement .

Un petit négligé, sans prétention!... je suis mourante!... (cherchant des yeux.) où est donc notre charmant amphytrion? MATHÉus, s'avançant et d'un air gourmé. Mademoiselle!.. . (^ part.) Elle va nier effrontément!... mais je suis cuirassé!. ..

OCTAVIE

Vous me trouverez bien indiscrète, mon cher Mathéus ; j'ai pris la liberté d'amener avec moi M. Léonidas de Flourisberg, que je vous présente.

GABRiELLE, bas et près de Mathéus.

C'est lui !.. .

MATHÉUS, à part.

El elle me l'amène !... Eh! bien, mais c'est commode !.. .

LÉONIDAS, saluant.

Monsieur... il fera époque dans ma vie... le jour faste... où,..

MATHÉUS, le toisant de loin avec colère, M. Léonidas de Flourisberg !... {Il s'avance.)

OCTAVIE, vivement.

C'est mon frère... n\on frère chéri!...

MATHÉus, s' arrêtant.

GABRIELLE, élmuée.

cor.ALiiNE, cl les invités.

Votre frère ! . .

Que dit-elle?

Son frère ! . . .

ocTAviE, d'un ton senlimenlul.

Seul et dernier rejeton d'une famille grecque... illustrée, j'ose le dire, par de nobles infortunes!

MATiiÉus, étourdi.

Vous ne m'aviez pas parle...

OCTAVIE, (/(' tnéme.

Je n'en parlais jamais.. Pauvre enfant... parti si jeune! à la suite d'une guerre désastreuse... Privée de ses nouvelles depuis dix ans...

MATHÉUS

Depuis dix ans... Comment jeune homme!...

LÉONiDAS, avec oDphasc.

Dans la vie aventureuse des camps. . . Des rives dé la Grèce aux montagnes des Sjkcs... on ne trouve pas souvent de boîtes aux lettres...

MATiiÉLS, avec joie.

C'est votre frère ! . . . Ah ! je ne m'étonne plus...

OCTAVIE, avec honhommie.

Ne trouvez-vous pas qu'il me ressemble?...

coRALiNE, et les femmes à droite^ hochant la tête. Oh!

LÉONIDAS, modestement et souriant.

Comme un enfant de Mars peut ressembler aux Gràcas!

OCTAVIE

Flatteur ! . . .

MATHÉUS, avec bonne foi.

Oui... oui... il y a quelque chose!... Oh! mais, c'est frappant!.,.

OCTAVIE, s' attendri séant et allant jusqu'aux larmes .

Jugez de mes transports !... Quand il est entré, voyez-vous, j'ai cru que j'allais devenir folle... et mes larmes... (Regardant Coraline et les femmes qui sourient.) Oh ! mesdames, je sais qu'il n'y a rien de ridicule comme les reconnaissances de famille. . . {Regardant tendrement Mathéus.) mais il existe un cœur qui me comprendra, j'en suis sûre... et cela mesuflit ! MATHÉUS, avec exaltation.

Quelle sensibilité expansive!.. . [Lançant des regards furieux à Gabrielle. )0h\ oui, je comprends tout, maintenant! c'est hideux!... c'est absurde!... Figurez-vous... dans ma jalousie.., on était venu me dire que votre frère était... un amant!

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