SCÈNE VIII
I,E8 MÊMES, CONVIVES DES DEUX 8EXBS, VALETS, pUtS OCTAVIE ET LÉONIDAS.
( Musique. )
tE VALET, annonçant du fond.
M. le baron Bicherckoff !. . . Mademoiselle Coraline.
MATHÉus, allant à elle.
Ah ! . . . ma chère Coraline. . . vous venez à propos! {A part.) Pour la danse qui se prépare. . .
LE VALET
M. le receveur Golsberg, le colonel Krackmann.
MATHÉus, à part, regardant autour de lui. Je ne la vois pas. . . Elle n'osera pas paraître! . . .
LE VALET, annonçant.
Mademoiselle Octavie.
MATHÉUS, à part.
C'est elle ! . . . Elle a l'audace.
(Octavie parait dans une toilette trés-élégante et suivie de Lconidas,)
TOUS, l'entourant.
Plus jolie que jamais !.. .
coBALiNE, les femmes.
Quelle ravissante toilette!...
OCTAVIE, langoureusement .
Un petit négligé, sans prétention!... je suis mourante!... (cherchant des yeux.) où est donc notre charmant amphytrion? MATHÉus, s'avançant et d'un air gourmé. Mademoiselle!.. . (^ part.) Elle va nier effrontément!... mais je suis cuirassé!. ..
OCTAVIE
Vous me trouverez bien indiscrète, mon cher Mathéus ; j'ai pris la liberté d'amener avec moi M. Léonidas de Flourisberg, que je vous présente.
GABRiELLE, bas et près de Mathéus.
C'est lui !.. .
MATHÉUS, à part.
El elle me l'amène !... Eh! bien, mais c'est commode !.. .
LÉONIDAS, saluant.
Monsieur... il fera époque dans ma vie... le jour faste... où,..
MATHÉUS, le toisant de loin avec colère, M. Léonidas de Flourisberg !... {Il s'avance.)
OCTAVIE, vivement.
C'est mon frère... n\on frère chéri!...
MATHÉus, s' arrêtant.
GABRIELLE, élmuée.
cor.ALiiNE, cl les invités.
Votre frère ! . .
Que dit-elle?
Son frère ! . . .
ocTAviE, d'un ton senlimenlul.
Seul et dernier rejeton d'une famille grecque... illustrée, j'ose le dire, par de nobles infortunes!
MATiiÉus, étourdi.
Vous ne m'aviez pas parle...
OCTAVIE, (/(' tnéme.
Je n'en parlais jamais.. Pauvre enfant... parti si jeune! à la suite d'une guerre désastreuse... Privée de ses nouvelles depuis dix ans...
MATHÉUS
Depuis dix ans... Comment jeune homme!...
LÉONiDAS, avec oDphasc.
Dans la vie aventureuse des camps. . . Des rives dé la Grèce aux montagnes des Sjkcs... on ne trouve pas souvent de boîtes aux lettres...
MATiiÉLS, avec joie.
C'est votre frère ! . . . Ah ! je ne m'étonne plus...
OCTAVIE, avec honhommie.
Ne trouvez-vous pas qu'il me ressemble?...
coRALiNE, et les femmes à droite^ hochant la tête. Oh!
LÉONIDAS, modestement et souriant.
Comme un enfant de Mars peut ressembler aux Gràcas!
OCTAVIE
Flatteur ! . . .
MATHÉUS, avec bonne foi.
Oui... oui... il y a quelque chose!... Oh! mais, c'est frappant!.,.
OCTAVIE, s' attendri séant et allant jusqu'aux larmes .
Jugez de mes transports !... Quand il est entré, voyez-vous, j'ai cru que j'allais devenir folle... et mes larmes... (Regardant Coraline et les femmes qui sourient.) Oh ! mesdames, je sais qu'il n'y a rien de ridicule comme les reconnaissances de famille. . . {Regardant tendrement Mathéus.) mais il existe un cœur qui me comprendra, j'en suis sûre... et cela mesuflit ! MATHÉUS, avec exaltation.
Quelle sensibilité expansive!.. . [Lançant des regards furieux à Gabrielle. )0h\ oui, je comprends tout, maintenant! c'est hideux!... c'est absurde!... Figurez-vous... dans ma jalousie.., on était venu me dire que votre frère était... un amant!