ACTE I, SCÈNE Mil
OCTAVIE, se récriant.
Ah! l'horreur!...
LÉOMDAS.
Ma sœur ! . . . un amant ! . . . Par saint-Népomucènc ! . . .
MATUÉtS.
Que vous lui aviez sauté au cou ! . . .
OCTAVIE, d'un air ingémi .
Quoi de plus naturel?. • . mon Dieu ! je l'embrasserais encore devant vous! mon frère! mon Léonidas!... {Elle l'embrasse.) Vous pardonnez?
MATHÉus, touché et comiquetnent.
Ça fait votre éloge!.-. Embrassez-le, cet excellent frère. . . Embrassez-le encore. . . (h.ù ouvrant ses bras.) Moi aussi, je veux l'embrasser. . .
LÉONIDAS
Comment donc?. . . {A part , après l'accolade ) Ah l il est trop candide, ce petit Allemand.
{Pendant ce mouvement, les hommes se placent aux tables de jeu, au fond à gauche, les femmes causent entre elles, les valets passent dfs rafraîchissements. . )
MATuÉvs, à Gabricllc qui est interdite.
Approchez, mademoiselle, et demandez pardon à Madame, tout de suite. . . d'avoir pris son fièie i)our un beau jeune homme! GABRiELLE, choquée.
Moi?. . . lui demander pardon!. . .
OCTAVIE, avec hauteur.
C'est elle! . . . oh! je lui fais grâce de ses excuses. . .
MATiiÉus, continuant.
Et pour réparer vos torts, annoncez à toute la maison (.Ivcc éclat) que dès demain j'épouse la belle Octavie !.•
TOUS
Ah!..
Dè.s demain !.
Enfin !..
GABRiELLE, frappée.
OCTAVIE, à part.
MVTnÉus, à Gabriellc.
Obéissez, ou sinon... je vous traite comme votre ami Berlhold?..
OCTAVIE
I^a renvoyer!.. Pourquoi donc?.. Elle est gentille, j'en ferai ma femme de chambre...
GABKIELLE, cllOquée .
Madame !.. {-iHanl à Malhéus, avec émotion.)
Air : Castel Sarra.zin.
Le vœu de votre père, Sa njémoire hkn chère,
Sous ce toit tutélaire Seuls me fesaieot rester ; Mais J'ai pu vous déplaire,
{Retenant ses pleurs.)
Je vais revoir ma mère, Que j'eus tort de quitter, J'eus tort de la quitter.
Adieu !
A votre aise !
MATHÉus, piqué.
c-ABRiELLE, à part, en sortant.
H l'épouse! . . {D'une voix étouffée.) Ah ! . .malheureuse ! . .
(Elle sort.) ocTAViE, bas à Léonidas qui s'est rapproché d'elle. Bon débarras !.. je suis sûre qu'elle avait son idée !