‹ Les rêves et les moyens de les diriger; observations pratiquesChapitre 117 sur 254 · DEUXIÈME PARTIR · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIR

sorte de contention presque douloureuse, mais le fait n'en est pas moins du domaine des choses possibles, psychologiquement parlant.

De la. puissance locomotrice. — Ce dernier paragraphe de l'étude consacrée par M. Lemoine au sommeil naturel et aux rêves qui l'accompagnent traite surtout du plus ou moins d'action que l'âme conserve, pendant le sommeil, sur les divers organes de la locomotion. C'est déjà s'écarter quelque peu du sujet que nous traitons ; c'est s'occuper de la physiologie du sommeil, plutôt que de la psychologie du songe.

Pour moi, je n'hésite pas à poser en principe que si l'âme conserve quelque action sur les organes, tandis qu'elle rêve, c'est qu'alors le sommeil est incomplet. Dans la suspension complète de toute action de l'âme sur les organes, dans la suspension de la puissance locomotrice, en un mot, je vois tout à la fois le caractère principal du sommeil et une loi admirable de la création imposée à la nature humaine afin d'assurer au corps le repos qui lui est nécessaire. L'âme qui n'a pas besoin de repos, ainsi que l'a dit luimême M. Lemoine, n'aurait jamais laissé reposer le corps sans cette loi-là. Rappelons-nous ces moments d'insomnie où nous faisons tout ce qui dépend de nous pour maintenir le corps en repos, en avons-nous jamais le pouvoir? Que l'incessante

activité de l'esprit soit au contraire occupée par les tableaux illusoires dont l'imagination lui donne le spectacle; que l'âme se figure faire mouvoir le corps sans agir réellement sur lui, alors le corps se repose. Et par le corps on doit entendre, non-seuiement l'appareil locomoteur, mais aussi tous les organes intérieurs sur lesquels, soit dit par parenthèse, une influence malfaisante est la seule que nous sachions exercer quand il nous arrive d'en exercer une; témoin les effets de l'attente, du chagrin, de la joie, ou même le seul désir de ne pas penser à un mal que nous redoutons.

Obligé de remplir le cadre du programme tracé par l'Académie, M. Lemoine aborde enfin les questions périlleuses du magnétisme, dans l'examen desquelles je ne prétends nullement m'aventurer. J'arrête donc ici l'analyse critique de son remarquable mémoire , non sans en conseiller la lecture à ceux qui voudront approfondir le sujet. Ils y trouveront, sur plusieurs particularités de nos rêves, d'ingénieuses opinions que je n'ai pas cru devoir relever parce quelles m'ont paru purement théoriques, mais que je ne saurais rejeter non plus absolument, entant que purement théoriques, puisqu'il n'est pas interdit à la théorie de se rencontrer parfois avec la vérité.

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