‹ Les rêves et les moyens de les diriger; observations pratiquesChapitre 120 sur 254 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

sommeil est proche; M. Maury, ne convient-il pas lui-même implicitement qu'ils ne sont que les avant-coureurs du sommeil quand il écrit : « Le café noir, le vin de Champagne, qui même pris en petite quantité, provoquent chez moi des insomnies, me disposent fortement aux visions hypnagogiques. Mais dans ce cas elles n'apparaissent qu'après un temps fort long, quand le sommeil , appelé vainement durant plusieurs heures, va finir par me gagner, m

Ce qui équivaut à dire qu'en retardant l'invasion du sommeil, ces boissons excitantes en retardent naturellement les premiers symptômes; et qu'en surexcitant d'ailleurs le système nerveux, elles nous prédisposent à percevoir avec plus de force les idées-images, ou les sensations diverses dont nos songes seront formés.

Qu'il y ait des personnes particulièrement impressionnables, chez lesquelles les idées-images se produisent, dès la première invasion du sommeil, avec plus de vivacité que chez d'autres, cela se comprend à merveille; M. Maury est de ce nombre et moi de même; mais nous n'en devons nullement conclure que, sous le nom iï hypnagogiques* ces premières manifestations du premier sommeil, constituent chez nous un phénomène particulier.

Je ne puis admettre davantage que ces images soient « des répercussions de pensées, indépen-

dantes des dernières préoccupations de l'esprit. » Mes observations pratiques m'ont prouvé maintes fois le contraire \

Après avoir ainsi traité des hallucinations qui se présentent dans le premier assoupissement, M. Maury abordant l'étude du sommeil plus profond n'hésite pas à déclarer que, pour être complet, ce sommeil doit être vide de tout rêve. Une solidarité parfaite existe, à ses yeux, entre l'engourdissement total ou partiel du cerveau durant le sommeil, phénomène physiologique qu'il ne met pas en doute, et la suspension plus ou moins complète des facultés de l'esprit2. Comme Gall et Spurzeim

i . Ne pas faire de confusion entre cette prétendue répercussion spontanée et ce qui se produit quand une sensation réelle vient à réveiller une idée, en évoquant par suite son image solitaire. C'est ce qui arrive à M. Maury quand il a un élancement dans le pied, et qu'il voit apparaître aussitôt un pied dans son rêve. C'est ce qui arrive dans les rêves génésiques , alors qu'une surexcitation ou qu'une pléthore des organes entretiennent des rêves lascifs, en répétant sans cesse des sensations physiques qui appellent des images en rapport avec les souvenirs qu'elles évoquent.

2. « On a trop appuyé, pour le sommeil, sur la distinction de l'âme et du corps. Les deux mécanismes agissent de concert et gardent leurs relations réciproques » (p. 22).

a Plus l'engourdissement moral domine, plus le rêve est vague, fugace, plus certains organes ont été éveillés dans le sommeil, plus le rêve laisse, au contraire, sa trace dans notre esprit.

« Ajoutons que certaines parties du cerveau peuvent demeurer éveillées, et même être susceptibles d'un haut degré de

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