‹ Les rêves et les moyens de les diriger; observations pratiquesChapitre 121 sur 254 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

il croit d'ailleurs à la localisation de ces facultés dans certaines parties déterminées d° l'encéphale , et pense que selon la portion de l'organe sur laquelle le sommeil exerce son empire avec le plus de force, telle ou telle passion peut être plus ou moins affaiblie dans nos rêves.

Cette ligne d'idées n'est point de celles que je serais instinctivement disposé à écarter. Refuser de demander l'explication des mouvements de notre esprit à des hypothèses anatomiques invérifiables, ce n'est point perdre de vue l'évidente corrélation qui existe, chez l'homme, entre l'état de son cerveau et celui de son esprit. La critique que je devrais faire, en général, des opinions théoriques de M. Maury, si ce n'était point m'exposera répéter tout ce que je viens de dire à propos de celles de M. Lemoine, ne m'entraînerait donc pas à repousser sans examen l'étude d'un

surexcitation, tandis que d'autres restent engourdies; l'affaiblissement dont est atteinte une faculté et nécessairement C organe encéphalique qui y préside pouvant varier d'ailleurs pendant la durée du sommeil » (p. 36 à 37).

« Le rêve, en un mot, tient à ce que certaines parties de l'encéphale et des appareils sensoriaux restent éveillés, par suite d'une surexcitation qui s'oppose à l'engourdissement complet » (p. 53).

« Nul doute que selon la partie du cerveau ou du système nerveux qui est attaquée, selon le genre de lésion des organes delà vie intelligente (dans l'aliénation mentale), telle ou telle passion ne puisse être plus ou moins surexcitée ou affaiblie» (p. 145).

ordre de faits dans lequel j'entreverrais, au contraire, les plus intéressantes observations pratiques à recueillir.

La doctrine phrénologique frappe vivement l'imagination de tout psychologue. Bien souvent j'ai conçu le plan d'une série d'expériences à tenter durant notre sommeil, à l'effet de vérifier la concordance possible entre une irritation quelconque exercée sur quelque point du crâne, et la nature des impressions et préoccupations morales dont nos rêves offriraient alors le tableau. Si je n'ai pu saisir pour mon propre compte aucune révélation bien concluante, je n'en recommanderai pas moins cette voie d'expérimentations aux observateurs.

J'arrive à la partie la plus intéressante, selon moi, du livre de M. Maury, celle où se trouvent nettement consignées bon nombre d'observations que l'auteur a faites sur lui-même, et qui témoignent surtout de la puissance de notre mémoire pendant le sommeil.

« J'ai passé mes premières années à Meaux, dit M. Maury, et je me rendais souvent dans un village voisin, nommé Trilport, situé sur la Marne, où mon père construisait un pont. Il y a quelques mois je me trouve en rêve transporté auxjours de mon enfance et jouant dans ce village de Trilport; j'aperçois un homme, vêtu d'une sorte d'uniforme.

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