TROISIÈME PARTIE. 24b
est dans tout s'appliquerait merveilleusement à une infinité d'observations qu'il faut cependant cantonner à quelques places déterminées. Tel rêve nous offre un exemple curieux des tours de force de la mémoire, en même temps qu'il peut servir à prouver que l'attention n'est point suspendue pendant le sommeil. Tel autre nous montre à la fois comment certaines idées s'enchaînent, comment certaines images se déforment, et comment nous pouvons évoquer, retenir, guider ou chasser certaines illusions tout en dormant. Bien souvent les problèmes à résoudre sont eux-mêmes d'une nature très-complexe; ils demanderaient précisément à être résolus pour être classés. À défaut de meilleure méthode, celle que j'adopterai sera donc celle-ci :
Rappelant d'abord quelques points capitaux sur lesquels nous venons de voir que la controverse s'était surtout exercée, je commencerai par grouper ensemble des observations tendant principalement à démontrer :
1° Qu'il n'est point de sommeil sans rêve.
2° Que ni l'attention, ni la volonté ne demeurent nécessairement suspendues pendant le sommeil.
Et, ces premières divisions faites, je chercherai ce que l'expérience peut nous enseigner sur la marche et le tissu des rêves, comme sur les
moyens de les évoquer ou de les conduire ; sans attacher d'ailleurs à la classification de ces notes plus d'importance qu'il ne convient dans un livre où l'auteur a moins en vue d'ériger un système, que de réunir des documents précis pour une science à venir.
Observations concernant les rêves du premier sommeil et tendant surtout a demontrer qu'll nest point de sommeil sans reve.
Extraits des plus anciens cahiers du journal de mes rêves.
— Expériences faites sur un ami, pendant son sommeil.
— Premiers rêves où je parviens à saisir la transition de la veille au sommeil. — De la profondeur du sommeil et de la vivacité des songes à différentes heures de la nuit. — Comment l'intensité du sommeil et la vivacité des songe dépendent alternativement des dispositions du corps et de celles de l'esprit. — Expérience très-concluante à l'appui de cette opinion que les images qui composent le rêve sont d'autant plus vives que le sommeil est plus profond. — De la période plus ou moins longue de nos rêves dont nous pouvons garder le souvenir au réveil. — Résumé des questions abordées dans ce paragraphe.
Nous avons vu que ceux qui admettent une
phase du sommeil où la pensée serait pour ainsi
ire anéantie, s'accordent tous à la placer dans