‹ Les rêves et les moyens de les diriger; observations pratiquesChapitre 152 sur 254 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

tent, et la vision que j'ai souhaitée est devant moi. »

Volonté dirigeante. — « Je rêve que j'ai découvert de grands secrets magiques par le moyen desquels je puis évoquer les ombres des morts, et aussi transformer les hommes et les choses selon le caprice de ma volonté. Je fais d'abord surgir devant moi deux personnes qui ont cessé d'exister depuis plusieurs années, et dont les images fidèles m'apparaissent néanmoins avec la plus parfaite lucidité. Je souhaite de voir un ami absent; je l'aperçois aussitôt, couché et endormi sur un canapé. Je change un vase de porcelaine en une fontaine de cristal de roche, à laquelle je demande une boisson fraîche qui s'échappe à l'instant d'un robinet d'or. J'avais perdu depuis plusieurs années une bague que je regrettais beaucoup. Le souvenir m'en vient à l'esprit. Je désire la retrouver ; j'émets ce vœu, en fixant les yeux sur un petit charbon que je ramasse dans le foyer, et la bague est aussitôt entre mes doigts. Le rêve continue ainsi jusqu'au moment où l'une des apparitions que j'avais provoquées me charme et me captive assez pour me faire oublier mon rôle de magicien, et pour me jeter dans une nouvelle série d'illusions plus réalistes, À mon réveil, je suis frappé par cette idée que ma volonté seule avait successivement évoqué toutes ces images. 11 est

vrai que je n'avais pas eu le sentiment d'être le jouet d'un songe; mais je n'en avais pas moins rêvé exactement ce que j'avais voulu. »

Attention et volonté. — Ce que je rapporte ciaprès a été rêvé, je crois, par un grand nombre de personnes. Plusieurs de mes amis du moins, et notamment le plus célèbre de nos caricaturistes, m'ont raconté des rêves presque identiques qu'ils avaient faits.

« Je n'avais pas la conscience que je rêvais, et je me croyais poursuivi par des monstres abominables. Je fuyais à travers une série sans fin de chambres en enfilade, ayant toujours de la peine à ouvrir les portes de séparation, et ne les refermant derrière moi que pour les entendre ouvrir de nouveau par ce hideux cortège, qui s'efforçait de m'atteîndre et qui poussait d'horribles clameurs. Je me sentais gagné de vitesse; je m'éveillai en sursaut, haletant et baigné de sueur.

« Quels avaient été l'origine et le point de départ de ce rêve, je l'ignore ; il est probable que quelque cause pathologique l'engendra pour la première fois, mais ensuite, et à diverses reprises dans l'espace de six semaines, il fut évidemment ramené par le seul fait de l'impression qu'il m'avait laissée, et de la crainte que j'avais instinctivement de le voir revenir. S'il m'arrivait, en rêvant, de me trouver seul dans quelque chambre close.

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