‹ Les rêves et les moyens de les diriger; observations pratiquesChapitre 24 sur 254 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

OU TOUT EN RAPPORTANT LES OPINIONS DES AUTRES L'AUTEUR CONTINUE D'EXPOSER LES SIENNES.

Les anciens : Égyptiens ; Chaldéens ; Hébreux ; Arabes ; Orientaux; Grecs; Romains. — ■ L'incubation. — L'étymologie du mot dormir. — Les livres d'Artemidore. — Hippocrate et ses idées sur les rêves. — Pourquoi les pères de l'Eglise défendirent l'interprétation des songes. — Secrets que les prêtres païens ont dû posséder. — - Ce qu'il faut penser, en résumé, de la science onéirocritique des anciens.

Si loin qu'on veuille remonter dans les traditions antiques, on y trouve la constante préoccupation d'étudier les songes et de leur découvrir des relations mystérieuses avec la vie réelle.

Dès l'époque de Joseph, le pharaon d'Egypte s'adressait à tous les devins de son empire pour obtenir l'explication du songe fameux qui l'inquiétait. Sabacon, un autre roi du même pays, déposait plus tard sa couronne, persuadé par un songe que le temps de son règne était fini.

Les Chaldéens s'adonnèrent avec non moins d'ardeur à la divination par les songes. Celui de \abuchodonosor est célèbre. Porphyre nous dit que Pythagore avait appris l'art d'interpréter les visions du sommeil en voyageant chez les Chaldéens, les Hébreux et les Arabes.

Mêmes croyances chez les Persans, les Grecs, les Indous, et jusque chez les Chinois dont les idées sur cette matière offrent toutefois un caractère particulier. Ils croient que l'âme d'un homme endormi peut, durant le sommeil du corps, se livrer seule à des excursions lointaines, ec recueillir ainsi de très-précieux avertissements1.

Les magistrats de Sparte dormaient dans le temple de Pasiphaé, pour être instruits en rêvant de ce qui concernait le bien public.

1 . Voici un exemple qu'on en trouve dans les commentaires chinois d'un ancien poète de la Chine. Le poète avait dit :

Xous allons nous revoir en songe, car mon esprit cherchant le vôtre saura bien revenir ici.

Le commentateur ajoute, comme un simple fait à rappeler : « Un lettré célèbre, Han-Kang, s'était retiré dans la montagne. Han-Feï-Tseu,Tchang-Ming, et Kao-Hoeï, tous trois ses amis, allèrent le voir, et résolurent de retourner en songe près de lui. Les deux premiers y réussirent, mais l'esprit de Tchang- Ming s'étant égaré à moitié route, ne put retrouver son chemin. » {Poésies de f époque des Thang, traduites du Chinois avec leurs commentaires originaux, par le marquis d Hervey-Saint-Denys.)

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