‹ Les rêves et les moyens de les diriger; observations pratiquesChapitre 31 sur 254 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

quail point d'avoir quand on dormait au pied de leurs autels. Porphyriqs et son disciple Iambique (ou Iamblichus), qui ont écrit sur les mystères de l'Egypte au troisième siècle de notre ère, nous fournissent un détail précieux, bien propre à faire refléchir sur ce sujet. On pratiquait, disent-ils, des fumigations, des invocations et des attouchements. Le disciple ne voit dans ces manœuvres que de pieuses cérémonies pour entrer en communication avec la divinité [ad efficiendam cuni Deo congruilatetri), tandis que le maître les qualifie d'artifices, ayant pour résultat de provoquer une sorte de délire (phantasia), et d'imprimer aux pensées du dormeur un mouvement calculé1. Pour moi qui suis persuadé qu'on peut diriger également ses propres songes et ceux des autres, ainsi que j'essaierai de le démontrer, je ne sais si je lis ces passages avec un esprit prévenu, mais je ne doute point qu'on n'employât à l'égard des malades couchés dans ces temples une partie des procédés que j'aurai soin d'exposer un peu plus loin1.

4. Ces peaux, sur lesquelles on faisait dormir les malades, devaient d'ailleurs très-probablement subir quelques préparations de nature à augmenter la profondeur du sommeil et à provoquer des songes d'un caractère déterminé.

Du moyen âge à l'époque contemporaine. — Pierre Le Loyer. — Le cardinal Bona. — Vossius. — L'art de se rendre heureux par les songes, c'est-à-dire en se procurant telle espèce de songe que l'on puisse désirer. — Kurt Sprengel. — 'Cabanis. — Condillac. — Benjamin Franklin. — Mùller. — Philon le juif. — Pierre Bayle. — Opinion de ces écrivains sur les avertissements et pressentiments qu'on peut avoir en rêve. — L'École matérialiste.

— Boerhave. — De la non interruption de la pensée, du non souvenir des rêves et de la volition, en d'autres termes de l'action de la volonté, pendant le sommeil. — Darwin.

— Formey. — Jouffroy. — Dugald-Stewart.

Depuis les écrivains de l'antiquité jusqu'à ceux d'une époque relativement fort rapprochée de la nôtre, il m'a paru difficile de rencontrer sur le sommeil et les songes aucune considération nouvelle vraiment digne d'être mentionnée.- Les rares auteurs du moyen âge qui abordent cette question ne le font guère qu'au point de vue historique ou théologique, les uns copiant les anciens qu'ils citent à tout propos, les autres dissertant longuement sur les songes auxquels ils estiment qu'on doit attribuer une origine divine ou diabolique.

Dans un curieux livre, écrit vers la fin du seizième siècle avec une grande science de scholiaste et avec une indépendance de vues qu'on

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