‹ Les rêves et les moyens de les diriger; observations pratiquesChapitre 47 sur 254 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

l'imperfection des images , c'est à l'incohérence des notions sur lesquelles il raisonne qu'il s'en faut prendre, mais non pas à sa volonté même de bien voir et bien juger.

D'où je conclus, à mon tour, qu'autant la première proposition de Dugald-Stewart est, dans une certaine mesure1, incontestable, à savoir : que pendant le sommeil régulier, naturel, la faculté de vouloir subsiste mais a perdu toute autorité sur les organes du corps , autant est inexacte la parfaite ressemblance quil prétend trouver entre cet effet du sommeil sur le corps, et celui qu il produit sur les opérations mentales ; autant les déductions qu'il en tire sont contraires à la vérité, quand il avance que, durant le sommeil, tordre de nos pensées dépendrait uniquement des seules lois de l'association, la volonté ne pouvant plus exercer sur elles aucun empire.

Si je me suis arrêté si longtemps sur cette distinction que Dugald-Stewart a voulu établir à l'égard de la prolongation ou de la non-prolongation de la volonté durant le sommeil, c'est qu'indépendamment de son ingéniosité même, elle intéresse l'un des points les plus essentiels et les plus importants du sujet que nous traitons. La

1 . Nous reviendrons plus loin sur cette double question de la façon dont le sommeil arrive, et des jugements que l'on porte en rêvant.

prolongation de la volonté pendant le sommeil est un fait psychologique auquel je dois les meilleures observations que j'ai pu faire. Tout ce qui tendra à bien déterminer son caractère, son influence et ses effets particuliers dans nos rêves sera donc par moi très-attentivement examiné.

Le Dictionnaire des Sciences médicales. — L'article Sommeil, par Montfalcon. — J'écarte les dissertations purement théoriques pour m'attacher surtout à la méthode d'observation. — Développement des axiomes Motus in sonmointro vergunt; Somnus nil aliud est quam receptio spiritus vivi in sese. — Comparaison entre les forces actives et passives du corps et de l'esprit. — Causes efficientes du sommeil telles que les énumère Montfalcon. — La transition de la veille au sommeil est toujours caractérisée par un instant de rêvasserie. — De la suspension de l'attention à l'approche du sommeil.

En 1820, on publie le Dictionnaire des Sciences médicales, ouvrage qui jouit encore aujourd'hui d'un certain crédit; on y traite séparément du somnambulisme, de l'hallucination, de l'extase, etc., ce qui me paraît très-naturel, puisque lors même qu'on relierait à un principe unique ces dhers phénomènes, ils n'en seraient pas moins

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