DEUXIEME PARTIE
toujours considérés comme des variétés distinctes du sommeil. Mais ce qui me surprend davantage, je l'avoue, c'est de trouver deux articles à part, l'un consacré aux rêves et l'autre aux songes, tous deux écrits d'ailleurs par Moreau (de la Sartbe), médecin, plus renommé comme physiologiste que comme praticien. Si nous y ajoutons l'article Sommeil, par Montfalcon, où il est souvent empiété sur le même domaine, nous aurons à examiner dans un seul livre trois sources d'appréciations sur le même sujet.
J'ai déjà déclaré que, pour mon propre compte, je n'entends établir aucune différence entre le mot rêve et le mot songe, préférant éviter autant que possible les distinctions inutiles, et m'en tenir à l'autorité du Dictionnaire de l'académie qui définit réciproquement l'une par l'autre deux expressions tout à fait synonymes dans mon esprit.
Ceci posé , suivons l'ordre tout naturel des choses et commençons par examiner l'article sommeil.
L'une des principales difficultés du travail que j'ai abordé, c'est de savoir se maintenir dans les limites d'un sujet qui touche de si près à tant d'autres par tant de points indéterminés. Ce désir de restreindre autant que possible le champ de mes observations et de mes recherches m'a fait entrer
tout droit, comme on Ta vu, dans l'étude des rêves, sans exposer au préalable aucune théorie sur cet état particulier de notre organisme durant lequel les visions se produisent et qu'on appelle le sommeil. Souvent pourtant la solidarité est si grande entre les questions soulevées à propos des phénomènes des rêves et celles qui regardent le sommeil proprement dit, qu'il me semblerait à peu près impossible d'écrire un livre tout entier sur les rêves sans effleurer aussi l'étude du sommeil en lui-même, ne fût-ce que sommairement et indirectement. Une rapide analyse de l'article de Montfalcon, au milieu de laquelle mes observations personnelles trouveront naturellement leur place, me permettra de résumer, je l'espère, ce qu'il est indispensable de mentionner à cet égard.
J'écarterai d'abord toutes les dissertations purement théoriques à l'effet de savoir si le sommeil est causé ou non par 1 afflux du sang au cerveau, s'il intéresse ou non la circulation artérielle, etc., etc. Montfalcon réfute avec beaucoup de sagesse ces arguments de l'école de Blumenbach, Hamberger, Halle, Barthc., Margagni, Langrishius et autres qui veulent que les divers organes dont l'ensemble compose le cerveau cessent d'agir durant le sommeil parce qu'ils reçoivent une quantité de sang moindre que pendant la veille. « \ 'imagination, la mémoire, dit Montfalcon, ont une