‹ Les rêves et les moyens de les diriger; observations pratiquesChapitre 54 sur 254 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

et pourquoi Tonne juge pas bien du temps écoulé en rêve.

— Sur le phénomène de l'association des idées. — Que, suivant moi, les rêves les plus clairs seront ceux du sommeil le plus profond. — Art. 6. Du caractère, des sensations et des idées pendant les ré\>es, et des perceptions illusoires en particulier . — Les sensations sont plus vives en rêve qu'à l'état de veille. — Sur les travaux d'esprit qu'on exécute en rêve. — Qu'il faut éviter les distinctions trop subtiles à propos de la classification des rêves. — La Sonate de Tartini. — Fait curieux rapporté par Moreau (de la Sarthe). — Les songes pénibles et les songes voluptueux.

— Art. 7. Du développement, de la marche et du sujet des différentes espèces de rêves. — Peut-on saisir le point de départ des rêves? — Art. 8. Interprétation médicale et classification des rêves. — Le cauchemar. — L'incube. — De la lucidité des somnambules et des hallucinés. — Opinions deLelut, Maine de Biran, Rattier, Adelon, Brière de Boismont, Miiller, Magendie, Bichat, Gassendi, Pierre Le* roux.

Je passe à l'article Songe du Dictionnaire des Sciences médicales. L'auteur entre peu dans le cœur de la question. Il s'attache plutôt à définir en quoi le rêve et le songe ne représentent point absolument , selon lui , le même ordre de faits. Le rêve comprendrait toutesles manières de rêver morbides ou non morbides. Ce serait le terme générique. Le mot songe, au contraire, devrait s'employer spécialement pour désigner une espèce particulière de rêves non morbides, «dépendant presque toujours d'une contention d'esprit ou d'une préoccupation morale que le sommeil n'a pas suspendue Dans les songes la liaison avec

la veille serait plus évidente : les rêves seraient plus importants et plus dramatiques. » Je m'arrête. On voit vers quelles subtilités on serait conduit.

L'article Rêve est plus étendu; il ne comprend pas moins de cinquante-cinq pages. Moreau (de la Sarthe) commence par expliquer que, sans rien négliger de ce qui a été écrit sur ce sujet, il s'en tiendra surtout à ses observations personnelles; puis 11 déclare modestement que , pour aborder cette question difficile , il est indispensable « de joindre aux données les plus positives de la physiologie et de la médecine pratique les aperçus les plus délicats et les spéculations les plus élevées de la psychologie. »

Malgré ce singulier début, dont le développement remplit tout un premier paragraphe, le travail de Moreau (de la Sarthe) est très-remarquable. Il résume à merveille Tétat de la science à l'époque où il fut écrit. Si les idées quil renferme sont en contradiction à peu près constante avec les miennes, l'occasion n'en sera que meilleure pour moi de suivre pas à pas ces théories, afin de montrer combien elles diffèrent de ce que je crois avoir appris par l'observation. Ce sera, d'ailleurs, un moyen de passer sommairement en revue la plupart des points principaux sur lesquels nous devrons plus loin nous arrêter.

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