DEUXIÈME PARTIE
tente impatiente de quelque événement vivement désiré , nous cherchons instinctivement à tourner notre esprit sur d'autres pensées , non que celleslà soient par elles-mêmes incompatibles avec le sommeil , puisque nous y rêverons peut-être dès que nous serons endormis, mais parce que, momentanément du moins, leur fixité doit être écartée pour favoriser cet enchaînement rapide et spontané d'idées et d'images, transition indispensable de la veille au sommeil l.
Un seul genre d'attention peut être compatible a\ec l'approche du sommeil, c'est celui que nous apportons quelquefois à certaines visions naissantes dont la persistance ou les transmutations deviennent le point de départ du rêve véritable. Mais il faut remarquer que c'est déjà l'attention transportée de la vie extérieure à la vie intérieure. Or; si l'on veut bien constater ce retrait des opérations actives de l'entendement de tout ce qui constitue la vie de relation , et leur report sur la vie imaginaire du rêve, on reconnaîtra que la faculté de faire attention n'est nullement anéantie pour être un moment suspendue ; et que proclamer l'anéantissement de cette faculté parce
1 . Si l'on m'objecte que l'homme exténué de fatigue s'endort dès qu'il se couche et dort aussitôt sans transition, je dirai que, si courte quelle soit, cette transition n'en existe pas moins.
qu'on cesse un moment de l'exercer , ce serait à peu près comme si l'on disait qu'il faut fermer les yeux pour voir les images de la lanterne magique. Oui, fermer les yeux d'abord à la lumière du dehors, mais pour les ouvrir ensuite aux tableaux lumineux qui vont surgir.
Quant au caractère et à l'énergie plus ou moins grande de l'attention qu'il nous est permis de donner aux divers sujets de nos rêves , je me réverve d'en faire plus loin l'objet de plusieurs observations.
L'article Songe et l'article Rêve par Moreau (de la Sarthe). — Art. 1. Considérations générales. — Art. 2. Dispositions des facultés intellectuelles pendant le sommeil et pendant les rêves, et parallèle, relativement h cette disposition, du délire et des songes. — Moreau admet le sommeil sans rêves. — Comment Jouffroy a combattu cette opinion. — Moreau veut que toutes les opérations actives de l'esprit soient suspendues pour qu'il y ait sommeil véritable ; en d'autres termes le rêve ne commencerait que lorsque le sommeil serait troublé. — Art. 3. Comment et pourquoi se forment les rêves. — Observations critiques à ce sujet. — Art. 4 et 5. Comment les rêves deviennent sensibles et que faut- il entendre par la clarté et la lucidité des rêves. — Sur les rêves du soir et sur ceux du matin. — Moreau pense que nous n'avons pas d'action sur les images de nos songes, ce que je combats. — Comment