‹ Les rêves et les moyens de les diriger; observations pratiquesChapitre 56 sur 254 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

sens fermés de toutes parts, tandis qu'au contraire, dans le délire, tous les sens sont ouverts, quelques-uns même plus irritables que dans l'état de santé.

Il faut d'ailleurs séparer profondément l'étude du sommeil de celle des rêves, selon l'article que nous analysons.

« Si le sommeil est profond, naturel, toute espèce d'activité d'esprit se trouve entièrement suspendue.

« Mais plusieurs des idées acquises, la plupart des habitudes contractées, cette multitude de pensées, de notions, de connaissances dont se compose avec plus ou moins d'étendue l'intelligence dans chaque individu, peuvent à la moindre occasion, si le sommeil est troublé par la cause la plus légère, se reproduire, se renouveler avec une latitude , avec une incoercibilité d'association qui n'existent pas pendant la veille. »

En d'autres termes, le rêve ne commencerait qu'autant que le sommeil serait troublé !

Késumé de ce premier paragraphe : 1° Vétat de rêve est indépendant de Vétat de sommeil; on peut dormir sans rêver ; 2° le rêve se manifeste ordinairement lorsque le sommeil est troublé dune manière quelconque ; 3° le rêve diffère du délire en ce que, dans le rêve, l'esprit demeure passif, tandis que, dans le délire, il se montre essentielle-

ment actif. Le tout indépendamment du caractère morbide qui est spécial à cette dernière affection.

Art. 3. Comment et pourquoi se forment les rêves? — Malgré l'intérêt apparent de son titre, ce second paragraphe n'est guère, à proprement parler, que le développement du précédent.

« Il y a deux conditions pour rêver ; la première, c'est une intelligence déjà développée, un cerveau plus ou moins familiarisé avec la vie des relations ; la deuxième, c'est l'état particulier et accidentel même du sommeil. »

D'après la première de ces deux conditions, « on doit admettre que les animaux ont des rêves; mais non point les idiots ni les fœtus, dans leur premier sommeil. »

Ceci me paraît tant soit peu puéril. Assurément il faut un cerveau familiarisé avec la vie des relations, puisque tout rêve se forme des éléments contenus dans la mémoire ; mais pourquoi les idiots n'auraient-ils aucune mémoire, et quel intérêt y a-t-il à se demander si les fœtus peuvent rêver ?

La seconde proposition a pour résultat d'assimiler aux phénomènes du sommeil ceux de l'hallucination et de l'extase , puisque Moreau (de la Sarthe) considère lui-même comme une sorte de rêves les visions des extatiques et des hallucinés.

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