‹ Les rêves et les moyens de les diriger; observations pratiquesChapitre 57 sur 254 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

« Chez un homme bien portant, pendant ie sommeil qui succède à une fatigue modérée, point de rêves ou presque jamais. »

Suivent des distinctions minutieuses et sans utilité, entre le rêve, la rêverie ou la rêvasserie.

« Lorsque l'on s'endort faiblement pendant le jour, debout ou assis, sur un bateau, à cheval, dans une voiture, cette situation n'est pas un véritable sommeil, mais son commencement, son premier degré. C'est une somnolence qui n'engendre que la rêvasserie. »

Si cette somnolence est le commencement, le premier degré du sommeil, de l'avis même de l'auteur, pourquoi ne voit-il pas que cette rêvasserie est aussi le commencement et le premier degré du rêve véritable ?

« C'est, » poursuit-il, a le temps des images chimériques, des figures grimaçantes et mobiles, des apparitions fantastiques, des configurations fugitives et transparentes comme des ombres qui se montrent sous toutes les formes, qui se brisent, se divisent et disparaissent avec autant de bizarrerie que de rapidité. »

Cette peinture heureusement esquissée, représente parfaitement la période transitoire durant laquelle les associations et les suppositions d'idées se succèdent si rapidement avec leurs images solidaires, modifiées et multipliées à l'infini par les

mille perceptions (lu monde extérieur, qui se font sentir encore, bien que plus faiblement. L'esprit a cessé d'y donner son attention, puisque cette attention, fixée sur les cboses du dehors, constituerait précisément l'état de veille. 11 ne la dirige pas encore librement, non plus, sur ces visions imparfaites. C'est le moment où les volets ne sont pas encore assez hermétiquement fermés pour que les tableaux de la lanterne magique se dessinent nets et clairs, mais où la lumière du jour ne pénètre déjà plus assez, cependant, pour laisser distinguer les objets dont on est entouré. C'est le premier degré du rêve, du rêve véritable. Bien loin de s'éteindre et de s'évanouir en quelque sorte pour faire place à un sommeil mortiforme, ainsi que Moreau (de la Sartbe) le suppose, ces visions s'animeront et se condenseront peu à peu, si je puis me servir de ce mot, à mesure que le sommeil prendra plus de force, à mesure que le spiritus in sese recessus s'établira davantage, et que l'esprit, franchement transporté du domaine de la vie réelle dans celui de la vie imaginaire, reprendra le libre usage de ses facultés distraites un moment, mais non pas annihilées.

Ce second paragraphe de l'article de Moreau (de la Sarthe) peut, du reste, se résumer ainsi :

« Dans le sommeil naturel, absence de rêve. Si « le sommeil est troublé (par des causes intérieures

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