‹ Les rêves et les moyens de les diriger; observations pratiquesChapitre 62 sur 254 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

est et de ce qu'il éprouve (grâce à l'habitude qu'il en aurait contractée), pouvait alors fixer son attention tout entière sur ces perceptions intimes, d'une exquise sensibilité.

Ici, et surtout dans le paragraphe suivant, Moreau (de la Sarthe) insiste d'ailleurs lui-même sur ce fait, que l'association, soit entre les impressions et les idées, soit entre les idées et certains mouvements organiques, a lieu avec plus de force dans les rêves que dans l'état de veille, l'isolement momentané des impressions extérieures favorisant le percevoir des sensations internes les plus délicates.

Il termine cette section de son travail par une observation dont je suis prêt à reconnaître lajustesse, tout en m'expliquant le fait qu'il signale exactement à l'inverse delà manière dont il l'entend.

« Si le sommeil,» dit-il, «devientalternativement profond et léger, certaines parties d'un rêve s'effacent, tandis que les parties claires et sensibles se présentent avec l'apparence d'un seul rêve au moment du réveil. »

Pour Moreau (de la Sarthe), qui croit à l'absence des rêves durant le sommeil profond, les tableaux les plus clairs et les plus sensibles seront ceux qui auront occupé l'esprit alors que le sommeil devenait plus léger. Pour moi, qui me suis servi d'une comparaison tirée des effets de la lanterne magique, afin d'indiquer au contraire que plus

l'isolement du monde extérieur sera grand, plus les illusions du songe seront vives, j'estimerai que les parties les plus claires et les plus sensibles du rêve seront celles qui auront correspondu aux phases du sommeil le plus complet.

Art. 6. Du caractère des sensations et des

IDÉES PENDANT LES RÊVES, ET DES PERCEPTIONS ILLU- SOIRES en particulier. — L'auteur répète, ce qui n'est contesté par personne, que a l'action des objets extérieurs sur les sens, non plus que les impressions des organes internes, ne sont pas suspendues pendant le sommeil. » 11 observe ensuite, ce qui rentre complètement dans mes idées, puisque selon moi toutes les illusions des rêves sont tirées des casiers de la mémoire , « que les impressions éprouvées pendant le sommeil ne peuvent faire naître une sensation actuelle et directe, tandis qu'elles rappellent, avec la plus grande facilité, les sensations antérieures, les idées acquises, les habitudes de pensées ou de mouvement contractées par le dormeur suivant son genre de vie. « Les impressions qui, sans exciter de véritables sensations, font naître différents rêves sont du reste beaucoup plus vives, plus fortes que dans l'état de veille. Des stimulations, des irritations, qui seraient à peine senties lorsqu'on n'est pas endormi, telles que la piqûre d'un insecte, le plus faible bruit, etc., acquièrent, pendant le sommeil, une

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