‹ Les rêves et les moyens de les diriger; observations pratiquesChapitre 63 sur 254 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

énergie, une intensité qui, sans l'interrompre, deviennent tout à coup l'occasion et le point de départ d'un rêve. » -J

Ceci nous ramène tout naturellement aux considérations exposées un peu plus haut à propos des remarques du docteur D.

« Les idées, les images qui se présentent à l'esprit pendant les rêves, continue Moreau (de la Sarthe), ont quelque chose de la force, de la vivacité des impressions qu'elles ont rappelées par voie d'association. C'est ainsi du moins que l'on conçoit comment la plupart des rêves ne sont jamais indifférents, mais sont, en général, charmants ou terribles. »

Et, comme exemple à l'appui de ce qui précède, le fait suivant est rapporté :

« Une jeune dame à laquelle je donnais des soins pour une indisposition, et que je trouvai tout émue au moment de ma visite , me raconta pour expliquer son trouble, qu'ayant rêvé qu'un homme s'était introduit dans son appartement, elle s'était réveillée en sursaut et précipitée hors de son lit en criant au voleur. Ce songe, dont je cherchai à découvrir le développement, avait eu pour origine l'application du bras même de la rêveuse , engourdi et froid, contre son sein, ce qu'elle avait

pris pour un contact étranger. »

^ — . L'auteur rappelle que Cardan crut avoir corn-

posé plusieurs ouvrages remarquables en songe ; il cite de nombreuses assertions analogues attribuées à Voltaire, à Condillac, à Franklin et à d'autres célébrités, ce qui, soit dit entre parenthèses, me paraît contrarier singulièrement ses propres théories sur l'anéantissement des facultés de l'âme pendant le sommeil. Pour moi, tout en faisant théoriquement la part beaucoup plus large aux ressources de l'esprit de l'homme endormi, j 'ajoute cependant peu de foi à la perfection des ouvrages conçus et composés en rêve, et je suis persuadé que la déception des personnages qu'on vient de nommer eût été le plus souvent trèsgrande, s'iis avaient pu conserver à leur réveil un souvenir bien net de ces compositions exceptionnelles, dont un vague sentiment d'enthousiasme leur était uniquement resté. J'aurai l'occasion de citer à ce sujet quelques observations pratiques, et à l'endroit où elles seront consignées^ je reviendrai sur les réflexions qu'elles peuvent inspirer.

L'écrivain du Dictionnaire des Sciences médicales expose ensuite que l'on voit, en rêve, plus souvent que Ton ri entend, que l'on croit souvent toucher, mais très-rarement goûter ou odorer. Il ajoute que les réminiscences purement intellectuelles sont aussi plus fréquentes que celles qui tiennent aux sens. Fussent- elles incontestables . ces observa-

Page 1