DEUXIÈME PARTIE
J'admets sans difficulté <jiie Tartini ait pu composer ainsi une excellente sonate. Quant aux travaux littéraires accomplis en songe, j'estime que la haute opinion qu'on s'en fait parfois au réveil tient surtout au souvenir très-incomplet qu'on en garde, et je me réserve de donner plus loin, aux observations pratiques , quelques exemples à l'appui de cette opinion motivée.
Un fait curieux est aussi rapporté par l'auteur de l'article Rêve. Ayant eu l'occasion de tâter le pouls d'un songeur dont la physionomie trahissait l'émotion causée par un cauchemar horrible, il trouva son pouls dans un état normal. Observation, qui vient en corroborer beaucoup d'autres, fendant à démontrer le degré d'isolement et d'indépendance que peut quelquefois, en songe, acquérir notre esprit. |
Jusqu'ici Moreau (de laSarthe) s'est attaché surtout à étudier les causes matérielles ou morales de nature à exercer sur nos rêves une action plus ou moins prouvée. Il aborde ensuite la question de l'influence que nos rêves peuvent avoir à leur tour sur notre organisation physique. Suivant lui , le retour plusieurs fois répété de certains rêves d'une vivacité très-grande, et d'un caractère émouvant peut donner l'origine d'une aliénation mentale.
« Les sensations corporelles, les actions organi-
ques, certains mouvements très-suivis, très-composés, dont la réalité semble évidente dans la plupart des rêves, ne sont pas moins illusoires que les images, les représentations, les idées, le^ sentiments dont ils paraissent la suite ou la conséquence.
« Cependant certaines sensations pénibles ou agréables sont véritablement éprouvées pendant le développement de plusieurs songes , et, pour le prouver, il suffira de rappeler ce qui se passe dans les rêves voluptueux.
« Quant aux actions, aux mouvements plus compliqués qui s'exécutent parfois au milieu des rêves, on en trouvera, non-seulement des exemples chez les somnambules, mais chez les personnes qui gesticulent, qui crient en dormant ou qui chantent, qui parlent, et récitent des morceaux de prose ou de vers dont ils auraient un souvenir beaucoup moins facile et moins exact pendant la veille. »
En ce qui concerne les rêves voluptueux, comme l'auteur les appelle, j'aurai plus loin quelques distinctions précises à établir. Quant aux faits qui regardent le somnambulisme, il n'entre point dans le cadre de cet ouvrage de s'y arrêter particulièrement.
Art. 7. Du développement, de la marche et
DU SUJET DES DIFFÉRENTES ESPECES DE REVES. L'ail-