CHAPITRE V
On ne veut donner ici qu’un petit nombre d’exemples interprétatifs de ces rêves dont nous venons de nous entretenir, et qu’on peut
qualifier de divins. On n’indiquera aucune formule d’action personnelle à accomplir pendant les rêves de cette sorte, à cause de la grande importance qu’il y a de laisser à chaque disciple sa liberté entière ou, plutôt, à cause du respect qu’il faut rendre au Maître, en se soumettant d’avance à la conduite qu’il jugera bon de tenir envers Ses élèves. Une telle psychurgie est aussi personnelle que l’interprétation même du rêve. Tout est possible à Dieu ; Son action n’est contenue par aucun cadre ; aucune intelligence humaine ne peut l’embrasser ; et c’est la réalisation intérieure de ces concepts qui nous procure cette pauvreté spirituelle sans quoi le royaume de Dieu nous reste clos.
Les significations qui suivent ne sont donc exactes que pour celui qui réalise à peu près le travail indiqué par l’Evangile.
Il y a dans l’homme deux vouloirs adverses : celui de l’homme terrestre, et celui de l’homme spirituel. Le premier veut tout conquérir : la matière, l’argent, la gloire, la science, les pouvoirs. Le second n’a souci de conquérir que le Ciel.
C’est le premier qui exerce sur notre conscience actuelle l’influence dominante ; et c’est à travers cette influence que nous apprécions comme bonheur ou comme malheur les événements qui surviennent. Mais les intérêts de I homme spirituel sont opposés. Ce qui est pour lui motif de joie est un chagrin pour le moi terrestre. Et inversement.
Donc le serviteur du Christ interprétera les images du rêve à l’inverse de ce qu elles signifieraient dans la mentalité courante ; car c’est son moi spirituel qui agit dans le sommeil ; ses joies présagent donc des cîiagrins pour le moi terrestre, ses élévations des abaissements, ses peines des réussites matérielles.
En combinant cette donnée avec les symbolismes généraux de la marche, de la lutte, des phénomènes naturels, interprétés dans le sens de l’Esprit, on pourra assez facilement obtenir des indications.
D ailleurs, si l’on doit observer ses reves, ce serait de la crédulité que de vouloir attacher à chacun d eux une signification importante. Nous vivons d’ordinaire trop dans l’erreur morale pour que la vérité spirituelle soit exactement perçue par nous. C’est pourquoi
Abattoir. — Rempli de bestiaux : fortune matérielle.
Abbé, abbesse, moine, nonne. — Epreuve : physique, morale ou intellectuelle ; initiation ; école, discipline. Les ordres religieux et les états ecclésiastiques ont chacun un sens précis suivant T ascèse du rêveur.
Abeille. — Richesse ; observer si on les tue, si on les recueille, si elles attaquent, etc.
Abîme. — Danger à courir, même de
santé.
Accouchement. — Bonheur ou richesse, s’il est facile.
Aigle, — Chose extraordinaire.
Aiguille. — Se rapporte à l’amour.
A il. — Se rapporte à des choses mysté¬
rieuses.
Ailes, — En avoir : grande élévation spirituelle.
Aliments, — Bons ou mauvais présages matériels selon leur saveur. Invertir le présage au spirituel.
Alouettes. — Joie ou richesses.
Amour. — S’il est heureux en rêve, c’est un danger au physique.
Ane. — En bon état, chargé : succès des efforts.
Animaux en troupeau, — Abondance :
d’argent, si ce sont des moutons ; d’enfants, si ce sont des agneaux ; de biens, si ce sont des bœufs ; de nouvelles, si ce sont des chevaux. La couleur des animaux indique la qualité de ce qu’ils présagent.
Arbres. — Bons ou mauvais, selon que feuillus ou non.
firmes. — Honneurs.
Automobile. — Avancement tout à fait gratuit, dans l’interne.
Autruche, — Bénéfice, voyage, femme riche et belle.
Batracien. — Maladie grave, ulcère,
cancer.
Bélier. — Grand personnage.
Berger. — Mariage, fondation spirituelle.
Blessure reçue. ^ — Réussite.
Bœufs. — Abondance s’ils sont en bon
état.
Bouquet. — Peine.
Bourse. — Secret.
Bouvreuil, — Joie.
Bras. — Pouvoir, accueil ; ou deuil s’il est coupé, etc...
Calomnie. — Découverte de nos fautes.
Cambrioleur. — Folie pour qui reçoit leur visite.
Camp. — Honneur, bravoure.
Canard. — Biens provenant d’une
femme.
Cave, caverne. — Mauvaises sociétés ou entreprises.
Champ. — Travail fructueux à entreprendre.
Chasse, — Succès selon le genre d’animaux qu’on tue.
Chat. — Tromperie d’amis.
Chaussure. — Une femme.
Chemin. — Fortune facile, difficile, ou processive, selon qu’il est droit, uni, ou escarpé.
Chemin de fer. — Avancement plus rapide que nos mérites ne le comportent.
Cheval. — Nouvelle.
Cheveux. — Signe de puissance spirituelle plus ou moins grande selon leur couleur sombre ou claire et leur plus ou moins de longueur. Leur chute signifie maladie.
Chien. — Ami.
Choux, — Des idées vont venir.
Chute, — Disgrâce, échec. Etre prudent
et loyal.
Collège, pension. — Epreuve, discipline, ennui.
Colline. — Célébrité.
Combat, — Bon ; surtout si on voit du sang couler.
Corde. — Aide, lien, selon l’attache de
la corde.
Couleur. — Que ce soit pour des plantes, des animaux, des habits, des êtres humains, indique une spiritualité et une bonté d autant plus grandes qu’elle se rapproche du blanc.
Crocodiles. — Police, policiers.
Dents. — Si elles tombent, morts de parents ; si elles poussent, naissances d’enfants.
Diable. — Un ennemi.
iEau. — Signe bon, mauvais ou dangereux, selon sa clarté ou sa rapidité.
Ecrevisses. — Discussion, déception.
Ecureuil. — Amitié.
Eglise, édifice religieux. — Epreuve, d autant plus grande si 1 on y célèbre le culte, si on y chante, et si les officiants s’occupent de vous.
Encre, — Prospérité.
Ennemi, animal ou homme qui attaque, — Maladie.
Epée. — Un enfant. Affaires conjugales.
Ermite. — Se méfier de la solitude.
Etoiles. — Espoir ou non, suivant leur clarté. Si elles tombent, catastrophe. Elles représentent aussi la science, la célébrité.
Excréments. — Médisances justifiées.
Farine. — Prospérité.
Femme. — Bon ou mauvais, selon sa couleur, du blond au roux.
Femme au visage enflammé. — La
fièvre.
Ferme, — Aisance ; bon travail spirituel.
Fleurs. — Souffrances, larmes.
Fleuve, etc. — S’il est clair, îSaix,
succès.
Foin. — Aisance.
Foudre. — Succès fructueux ; grande nouvelle.
Fruits. — Hors de saison : bon signe matériel. L’amour.
Gendarme. — Punition prochaine.
Genou. — Se rapporte au travail matériel.
Habits. — Moins on se montre habillé, plus les gens vous connaîtront ; voir quelqu’un nu, c’est qu’on va être renseigné sur son vrai caractère. Par suite, humiliation plus ou moins grande pour la personne qu’on voit plus ou moins dévêtue.
Herbe. — Bon signe.
Hirondelles. — Plus elles sont nombreuses et plus elles volent, plus les nouvelles seront bonnes.
Homme petit et sinistre. — Dans une vigne, le phylloxéra.
Horloge, — L’existence du songeur en
général.
Inondation. — Mauvais pour la santé.
Insectes. — Ennemis.
Justice. — Procès.
Laboureur, paysan, fermier. — Bon ; signe d’activité spirituelle saine.
Lac, — Richesse, paix, amitiés.
Lion. — Excellent, protection spirituelle, surtout si on converse avec lui.
Lit. — Représente la fiancée, l’épouse.
Lutteur. — C’est une force de Nature ; être prudent.
Main active. — Pouvoirs.
Maison publique et tout ce qui s* y rapporte, — Gains, opérations financières, plus ou moins heureuses suivant les actions des habitants de ces lieux.
Mort, — Transformation intérieure.
Voir des morts, décès prochain dans la famille.
Mouche, insectes, araignées. — Tracas, agacements, embûches domestiques.
Moustache. — Les biens.
Navire, etc. — Changement bon ou mauvais selon les circonstances.
Nègres, — Se méfier ; êtres méchants ou pervers, quelque bons ou sages qu’ils paraissent.
Nombril. — L’épouse.
Océan. — Le peuple.
Oie. — Profits.
Oiseaux. — Nouvelles.
Omnibus. — Argent indispensable au jour le jour.
Ours, — Immeuble à locataires ouvriers. Ennemi.
Paille. — Les biens matériels.
Parapluie. — Préservation.
Parents. — Nouvelles.
Pauvres. — Le peuple.
Peigner, — Amélioration matérielle.
Pêiican. — Sacrifice à faire, où on sera prêtre et victime.
Pierres. — Mauvais signe.
Pieuvre. — Impôts, propriétaires, administrations financières.
Pipe. — Méditation.
Place publique. — Complications éclaircies.
Plantes. — Les fleurs signifient douleurs ;
les prunes signifient faussetés, tromperies ;
les orties signifient attaques, vexations ;
la coloquinte signifie tranquillité ;
les prairies signifient fêtes de l’Eglise ;
la cerise signifie ingratitude, adultère, trahison ;
le noyer signifie combats, persécutions.
Pluie. — Bénédiction, fécondation, — ennuis, mais ayant de bons résultats.
Poitrine, — Les qualités morales.
Poumons. — Les filles, les serviteurs.
Prières. — Epreuve longue, surtout si on chante ou si on joue d’un instrument de musique.
Rosée. — Bénédiction.
Sang, — Succès selon la scène au cours de laquelle il coule.
Sanglier. — Dangereux, le fuir.
Serpents, — Maladie, fièvre, étouffements.
Soif. — Inquiétudes ; tourments.
Soldats. — Bon ; d’autant meilleur qu’ils appartienent à une arme plus spéciale ; mais travail et responsabilité. Si on en porte 1 uniforme, signe de pouvoir spirituel.
Soleil. — Excellent présage.
Souverain. — Succès ou échec selon leur bon ou mauvais accueil.
Squelette. — La mort.
Tapis. — Représente l’existence du
songeur.
Taureaux. — Les fuir parce qu’ils signifient des châtiments.
Tempête. — Danger inévitable. Guerre.
Terre, Terrain, — L’état de la fortune.
Théâtre et ce qui s*y rapporte. — Tromperies, faussetés.
Vermine. — Misère, sainteté.
Vers. — Maladies, angine, névralgies,
ennuis.
Vieillesse. — Bonne solution pour les
ennuis.
Vierge Marie. — Protection certaine.
Viol. — Danger de folie pour qui le
subit.
Voler en Vair. — Vanité. Voyage.
Vomir. — Contrariété, affront public.
Yeux. — Le sentiment ; les choses du
cœur.
Zodiaques, — On recevra des idées nouvelles sur T ésotérisme, en théorie ou en pratique.
Les nations apparaissent sous leurs formes héraldiques. La Chine se représente par un dragon, la Russie par un ours blanc, T Inde par un éléphant, l’Angleterre par son léopard.
Les religions se représentent par leur emblème usuel. Les sciences et les arts, par leurs emblèmes communs ; les métiers, les professions sont très facilement reconnaissables. Les saints apparaissent quelquefois, ou plutôt les églises qui leur sont consacrées. Ainsi l’église Saint-Augustin signifie, pour un Parisien, ennui par les femmes ; l’église Saint-Laurent, ennui
matériel ; Notre-Dame, épreuve intellectuelle. Si le saint canonisé se montre, il signifie selon le rôle que la croyance populaire lui attribue, comme guérisseur, secoureur, etc. L’instinct populaire est presque toujours vrai.
P our terminer, rappelons encore que n importe lequel des rêves de notre seconde catégorie a un sens personnel, un sens social, un politique, un religieux, un cosmique, un mystique, et un psychique ; et que l’élaboration de ce dictionnaire, qui est la véritable clé individuelle des songes, demande un travail quotidien et continu, qu’une seule existence ne suffit pas à parfaire.
Plus tôt nous le commencerons, plus vite nous pourrons tirer du sommeil de précieux enseignements.
ACHEVÉ d'imprimer SUR LES PRESSES DE l’imprimerie SPÉCIALE DES “ AMITIÉS SPIRITUELLES ”, 86 BOULEVARD DES BELGES, A ROUEN LE 2 AOUT 193», POUR LE COMPTE DE A.-L. LEGRAND