‹ Les rêvesChapitre 4 sur 18 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

« On a négligé Tétude des rêves, qui promet des fruits abondants quand elle sera entreprise d'une manière méthodique et laborieuse. C'est probablement aux médecins que les rêves fourniront le plus d'enseignement. » Ainsi s'exprime Maudsley dans son livre sur la Pathologie de Vesprit. Plus tard, M. Arligues, s'inspirant peut-être de ces paroles, dit en parlant du rêve : « La philosophie le regarde comme sien, la physiologie s'en empare, la poésie en use, le charlatanisme en abuse, et ce phénomène un peu inconnu, mais à coup sûr d'un intérêt de premier ordre, a été décrit, étudié, discuté sans que jusqu'ici, même à notre époque utilitaire, on soit arrivé a reconnaître son incontestable utilité, v

En effet, cette question a été laissée de côté depuis longtemps ; à part quelques travaux relativement récents, il faut remonter à une trentaine d'années pour trouver quelques documents.

Le hasard de la clinique me mit, il y a quatre ans et TissiÉ. 1

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demi, en présence d'un sujet fort intéressant. 11 partait de chez lui à la suite d'un rêve. J'ai conté son odyssée dans ma thèse inaugurale. Ce garçon habitant notre ville, je l'ai toujours suivi de près ; c'est son observation qui forme le premier chapitre de la seconde partie de ce travail.

Dès ce moment, mon attention fut attirée sur les rêves. Laissant de côté tout préjugé au point de vue de mon observation intime, je m'étudiai pendant mon sommeil. Je parvins ainsi, avec quelque entraînement, à pouvoir me rappeler an réveil un rêve que je voulais noter. Quelquefois je l'avais oublié, mais le souvenir que j'avais fait un rêve intéressant existait, et, en réfléchissant, je me le rappelais ; d'autres fois encore, la réminiscence était provoquée par une impression sensorielle.

Il m'arrivait souvent de penser à mon étude pendant le sommeil et de me dire quand je rêvais : « Voici un phénomène qu'il faudra noter. » Mais au réveil le rêve perdait la valeur que je lui avais accordée en dormant.

J'ai expérimenté sur quelques personnes qui ont bien voulu m'aider dans cette étude. J'ai recueilli plusieurs observations dans le service de M. le professeur Pitres à l'hôpital Saint-André de Bordeaux ; enfin, M. le professeur Esplnas, M. le docteur Arnozan, professeur agrégé à la Faculté de médecine de Bordeaux, M. le docteur Corriveaud, et M. le docteur Péry, bibliothécaire à la Faculté de médecine de Bordeaux, ont bien voulu me fournir des observations fort intéressantes ; je leur adresse ici tous mes remerciements.

Je me suis appliqué à ne citer que des faits bien obser'^ vés, laissant à dessein, de côté, le côté mystérieux des

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