PRÉFACE XI
OU la négation n'ont-ils pas bien meilleur air qu'une affirmation souvent difficile à démontrer !
Des chemins qui conduisent à la vérité, celui que suivent les défenseurs de ces idées est certainement le plus difficile ; il est, plus qu'aucun, semé d'obstacles et d'embûches, mais est-ce une raison pour n'y pas marcher ? Le but à atteindre est assez grand pour excuser les chutes ; un travailleur tombe, un autre le remplace, et la vérité nous sera connue.
Quand ?... je ne saurais le dire, car aujourd'hui nous sommes à peine à la moitié de la route.
M. Tissié a eu l'heureuse fortune d'observer un malade des plus intéressants : c'est un jeune homme hystérique et somnambule spontané , une sorte de rêveur éveillé, facile à l'hypnotisme et à la suggestion. Il n'a eu garde, et je l'en félicite, de laisser perdre pour la Science ce sujet précieux d'études, comme beaucoup le font et l'ont fait trop souvent , et il a donné à son exposé de longs développements. Mais le rêve, actif ou non, étant le caractère dominant de l'état maladif de ce jeune homme, M. Tissié a été naturellement conduit à faire l'étude de cette manifestation intellectuelle, et l'a faite complète, grûce à l'obligeance de quelques confrères, grAce auss à des observations faites sur lui-même, après un certain entraînement.
Si la plupart des idées développées par l'auteur dans son étude physiologique se rencontrent chez les Psychologues, et ils sont nombreux, ceux qui ont étudié les rêves, on ne trouve nulle part, dans aucun livre de médecine, rien d'aussi complet que la partie de ce t travail qui constitue l'étude pathologique. I Le nombre des faits cités est considérable, et leur importance grande. L'auteur, guidé par la méthode
d 'observa lion, a pensé avec raison qne l'exposé de ces faits , inédits ou non, serait utile au travailleur ; quelquefois il en a tiré des conséquences hardies. Mais, en ces matières, ce qui esldiscuiable aujourd'hui sera peut-être vmi demain, et la réserve s'impose. Quoi qu'il en soil, je dirai iivec M. Ribot, qui a bien voulu lire le mànuscïit avanl son impression :
> C'est nn travail solide et intéressant, i