‹ Les révoltées: comédie en un acteChapitre 7 sur 26 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

SUZANNE

Oh ! non, ce n'est pas bien.

Tons jugez les maris des autres...

CLAIBB, passant ddTaot Brioa *.

Par le mien.

SUZANNE, à Brion.

Mais vous êtes alors un homme abominable.

Oui, madame, il parait que je suis très-coupable.

(a sa femme.) Vous avez une preuve au moins à présenter ?

CLAIRB.

J'ai pris un avocat ; c'est pour en inventer.

BRION

Quels que soient vos malheurs, votre esprit y résiste. Madame.

CLAIBB.

Quoi ? monsieur, vous me voulez plus triste ? Mais je ne vous perds pas assez pour être en deuil.

(Gravement.) Monsieur, connaissez-vous madame de Saint-Preuil ?

BRION9 abàsbardi.

Non.

GLAIRB.

Non?.

BRION

Si... j'ai connu le baron.

CLAIRE

Ahl baronne?

BRION

Baronne de Saint-Preuil ? Oui ; cela vous étonne?

CLAIRE

Je la croyais duchesse.

RRION. .

On se trouvait au Bois...

Aujourd'hui Ja baronne est veuve... ^

GLAIRE

Quelquefois.

^ Dargis, Susanne, Brion^ Ciaice.

(Passant deyantlni^) Mais ne trouvez-vous pas cette veuve attrayante ? L'ensemble est ravissant, la tête est trop voyante. Des cheveux bien choisis, un teint bien compose, Une (aille refaite, un œil* très-accusé, D'une beauté coûteuse, enfin, mais réussie ; C'est parfait de travail et cela s'apprécie.

N'est-ce pas î

BRION, embarrassé.

Je ne sais, je la vois rarement.

CLAIRE

Vous? son propriétaire ?

BRIOr^f interdit et cherchant.

Elle aie logement...

Qu'habitait... autrefois... son père... un gentilhomme. Sa famille remonte...

GLAIRE

A la première pomme.

BRION

Vous supposez?

GLAIRE

Je suis sa voisine.

BRION, stupéfait.

Vous? VOUS?

GLAIRE

J*habitais le troisième.

(Dargiset Sasanne remontent. SasanneTa s'asseoir près de la cheminée.) BRION

Hein ?

GLAIRE

J'étais là chez nous.

BRION

Madame y quelle idée étrange vous a prise De venir habiter...

GLAIRE

Cette maison mal mise ?

Mais.. . pour vous y trouver plus souvent que chez moi. Puis, je tenais à faire une avance à la loi, Qui veut que mon mari me trompe à domicile.

Article deux cent trente. — Il est d'un homme habile, Cet article railleur et doux.— Vraiment, j'ai cru Que vous me saviez là ; vous n'avez point paru.

* Dargis, SuzannOj GlairOi Brion.

SCËNE III 13

BBION, embarrassé \ Vous m*accu8ez à tort.

CLAIRE

Aujourd'hui, je m'explique Pourquoi nous pratiquons un luxe économique.

Et pourquoi yous trouvez que Vichy m'est fatal ; C'est que probablement vos loyers rentrent mal.

BaiON, interdit.

Je vous jure...

Arrangez-la.

DARGIS, bas k BrioD.

Brion, votre cause est mauvaise ;

BBION, de même.

' Parlez, vous serez plus à l'aise.

- (il remonte.) DARGIS, à Claire.

Bëflëchissez, madame, il en est encor temps^ Vous n'affronterez pas ces débats irritants.

BRION, de Tantre côté **.

Puisque notre union vous déplaît et vous lasse, Séparons-nous alors sans bruit.

CLAIRB.

Je "VOUS rends grâce* Je veux un jugement, pour qu'il soit constaté Que je vous fais cadeau de votre liberté.

Page 1