SCÈNE III
BniON, embarrassé*.
Tous m’accusez à tort.
• CLAIRR.
Aujourd’hui, je m’expliqua Pourquoi nous pratiquons un luxe économique.
Et pourquoi vous trouvez que Vichy m’est fatal ;
C’est que probablement vos loyers rentrent mal.
BRION, iolerdit.
Je vous jure...
DARGI5, bas à BriOD.
Brion, votre cause est mauvaise ;
Arrangcz-Ia.
BRION, de iDcme.
Parlez, vous serez plus à l’aise.
(il remonte.)
DARGIS, k Claire.
Réfléchissez, madame, il en est encor temps.
Vous n’aflronterez pas ces débats irritants.
BRION, de l’antre côté **.
Puisque notre union vous dé|>laît et vous lasse. Séparons-nous alors sans bruit.
CLAIRE
Je vous rends (;râce.
Je veux un jugement, pour qu’il soit constaté Que je vous fais cadeau de votre liberté.
DARGIS.
Madame, est-ce bien là ce qui vous préoccupe T
CLAIRE
J’admets qu’on soit victime, il le faut bien, mais dupe ? Oh I non, ce serait trop ; dupe de son mari I Et c’est ma vanité que je mets à l’abri.
(Elis remonta.)
DARGIS***.
Vous donnez au public la fêle d’un scandale.
CLAIRE
Le scandale est tout fait*; puisque monsieur l’étale *
Aux yeux des complaisants qui lui servent d’amis,
Il ne m’en voudra pas s’il se croit compromis.
(Elis s’assied près de la cheminée.)
• Claire, Bi;ion. Darcis.
*’ Brion, Claire, Dareis.
•" Biiüii, Dargis, Siuanno, Claire.
DAHOIS, reniODlant *.
J'admels une faiblesse, une faute, un caprice; Punissez-nous, madame, et ce sera justice.
Mais rompre avec celui que l’on vient d’épouser ! Ce sonflà des liens qu’on ne peut pas briser.
CUIBK.
On ne les brise plus, je sais, on les allonge ;
Et puis cela se porte après sans qu’on y songe.
(a Suzanne.)
Suzanne, convenez que monsieur plaide bien Pour les droits des maris et l’amour... mitoyen.
SUZANNE, à Dargis.
Vous approuvez monsieur de Brion ?
DARGIS.
Non, Suzanne.
SUZANNE
Vous pensez, comme nous, qu’il faut qu’on le condamne ?
Tout à fait ; seulement, je suis son avocat.
CLAIRE, se levant ain^i que Suzanne.
El vous n’en dites rien ! ce n’est pas délicat.
Vous savez, à présent, les moyens que j’oppose.
(On apporte une lettre k Dargis, qui la prend, 1a regarde, et reste
embarrassé.)
Mais nous vous dérangeons.
(Elle s’apprête k sortir.)
SUZANNE
Vous plaidez celte cause ?
DARGIS, an comble de l’embarras.
Sur un simple aperçu général et succinct,
Presque sans la connaître, en aveugle.
CLAIRE
D’instinct.
C’est tout simple, la cause est bien un peu la vôtre.
DARGIS, interdit.
La mienne ?
SUZANNE
Vous croyez ? ’ .
CLAIRE, en sorlant.
Ma chère, un jour ou l’autre,
* Hrion, Claire, Suzanne, Dargis,