SCÈNE IV
brion,‘dargis.
BRION, qni s’ëtait assis au bureau, se levant. Elle aura découvert le portrait de Laurence.
Je ne peux plus compter que sur votre éloquence. Vous savez maintenant l’affaire mieux que moi. DARGIS, marchant avec aÿtalion.
Brion, je ne peux pas vous défendre.
BRION, stupéfait.
Pourquoi ?
DAROIS.
Je ne plaiderai point.
Allons, pas de faiblesse.
Nous pouvons raisonner froidement ; rien ne presse. J’ai bien le droit d’avoir un boudoir clandestin.
Et mon toit conjugal n'est pas cité d’Antin.
DARGIS *.
Vous ne voyez donc pas qu’on cherche une victime, Et que, si je cédais, on m’en ferait un crime ?
BRION
Vous êtes avocat, vous avez des devoirs.
DARGIS.
On engage Suzanne à fouiller mes tiroirs.
BRION
Vos tiroirs sont remplis d’augustes paperasses.
DARGIS.
Eh bien ! non, je ne vois partout que des menaces.
BRION
Vous, Dargis ? vous, mari sincère et pratiquant !
DARGIS.
Brion, j’ai comme vous un remords.
* Djrgis, Brion.
Depuis quand ?
DARGI3.
Ce n’est pas mon secret.
BRION
Parlez sans défiance,
Et consultez, au moins, ma vieille expérience.
U faut que les maris se soutiennent entre eux.
DARGIS.
Oh ! vous n’y pouvez rien.
BRION
Qu’en savez-vous, peureux ?
DARGIS.
Nais c’est à votre honneur, Brion, que je m’adresse.
Je ne vous dirai pas son nom : elle est comtesse.
Je l’avais vue aux eaux ; j’étais galant, alors,
El libre. Elle m’aima ; ce furent des transports Et des enivrements !... Le comte était à Rome.
11 rappela bientôt sa femme.
BRION
Excellent homme I
Et malgré mes serments, vous étiez mon témoin,
Je me suis marié.
BRION
La comtesse est si loin !
DARGIS.
Mais elle est revenue.
BRION
Ah!
■ DARGIS.
Fidèle I fidèle!
Elle me croit garçon.
BRION
El vous VOUS plaignez d’elle !
DARGIS.
Gomment rompre à présent ?
BRION
Vous n’avez pas rompu?...
DARGIS.
Je l’ai tenté vingt fois, Brion, je n’ai pas pu.
Nous avions pris, au fond d'une rue isolée,
Un pavillon ; c’est là qu’elle venait voilée.
Nous l'avions pour neuf ans.