‹ Les révoltées, comédie en un acte, en vers. Par Edmond GondinetChapitre 10 sur 27 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

BBION.

Neuf ans !

DAUGIS,

Je l'ai toujours.

Que peuvent vos conseils? que feront vos discours ? J'ai porté le premier le trouble dans cette âme.

BRION

Enfin, mon cher ami, vous trompez votre femme?

DARGIS.

Jamais! c'est maintenant que je comprends l'amour,

L'amour sans vil partage et sans lâche détour.

Mais je crains un éclat et je vis dans l'angoisse.

Ce billet, que j'ai peur d'ouvrir et que je froisse,

Il vient d'elle. On se plaint dans un style aigre-doux ;

(Avec une colère concentrée. )

On m'attend, car j'y vais, j'y vais I

Qu'y faites-vous?

DARGIS.

Je cache ma froideur sous un pieux scrupule ; Je parle du mari...

BRION

Vous êtes ridicule.

DARGIS.

Des devoirs, de l'honneur, du respect de son nom. De toutes les vertus.

BRION

Cela réussit?

DARGIS.

Non.

Sa passion grandit jusqu'à l'enthousiasme. Mais au moindre sourire, au plus léger sarcnsme, Je prends l'aspect d'un marbre et reviens au mari.

BRION

Joseph, qui se sauvait, était moins sguerri.

Oh ! moi, j'aurais cédé pour perdre mon prestige.

Il faudra bien conclure.

DARGIS.

Ah ! j'en ai le vertige !

BRION

N'exagérez donc rien, pauvre cœur au rebours, Qui restez si dévot à vos vieilles amours.

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